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mardi 4 janvier 2022

9. La grammaire universelle de Chomsky

La grammaire universelle de Chomsky

Harnad, S (2014) L'Univers de Chomsky. À babord: Revue sociale es politique 52.

Vidéo du cours -- 6 avril 2021 (partie 1 de 2)



Vidéo du cours -- 6 avril 2021 (partie 2 de 2)


PPT 2019:




SEMAINE 9 2018







49 commentaires:

  1. IMPORTANT :

    (1) Faites vos lectures et vos ciélos tôt dans la semaine avant le cours pour que j’aie le temps d'y répliquer

    (2) Lisez toujours les ciélos précédentes, et surtout mes répliques aux autres, avant d’afficher vos ciélos.

    (3) Revenez toujours à vos ciélos 1-2 jours après pour voir ma réplique, qui pourrait poser davantage de questions auxquelles répondre.

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  2. Ma première ciélo porte sur les lectures de cette semaine et sur ma compréhension de la grammaire universelle de Chomsky. La grammaire universelle de Chomsky est une théorie du langage qui croit que les humains possèdent une connaissance innée des principes de base de la grammaire peu importe la langue qu'ils apprennent. Selon Chomsky, cette connaissance est une sorte de système mental qui nous permet de comprendre et de produire des phrases grammaticalement correctes. D’après cette hypothèse, toutes les langues du monde partagent un ensemble de principes fondamentaux comme la distinction entre les noms et les verbes et la structure des phrases par exemple. Chomsky a soutenu que ces principes sont présents chez tous les locuteurs natifs d'une langue, sans qu'ils aient besoin de les apprendre. Sa théorie a été remis en question et critiqué pour plusieurs raisons. Notamment parce qu’elle serait trop abstraite pour être testée empiriquement ou encore parce qu’elle serait trop centrée sur la syntaxe en donnant une trop grande importance à l'étude de la structure grammaticale en laissant de côté la sémantique, donc la signification des mots et des phrases.

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    1. Taly, il y a deux sortes de grammaires, la Grammaire Ordinaire (GO) et la Grammaire Universelle (GU). La GO varie d’une langue à l’autre, elle change avec le temps, et ses règles sont adoptées, imitées et partagées par une communauté de locuteurs – comme la règle qu’on s’arrête sur un feu rouge et on avance sur un feu vert. Les règles de la GO sont arbitraires, comme les modes et les jeux ainsi que leurs règles (AVANCER aurait pu être rouge et ARRÊTER aurait pu être vert), mais elles changent lentement. Elles sont des conventions pratiques, pour qu’on se comprenne. Le vocabulaire en fait partie. « Je désire » veut dire autre chose que « il déteste », mais on aurait pu adopter l’inverse, ou tout à fait autres mots. On apprend les règles de la GO, comme on apprend les mots : par l’imitation, l’apprentissage sup et non sup, et l’instruction verbale.

      Mais l’autre grammaire, GU, est universelle, présente dans toutes les langues, et elle ne change pas. Et contrairement à la GO, où l’enfant fait des erreurs, qui sont corrigées par ses parents, l’enfant ne fait pas d’erreurs de GU, et donc ne reçoit pas de correction, ni de l’instruction. C’est pour ça qu’on a présumé que la GU est déjà innée à la naissance, codée dans nos gènes et nos cerveaux.

      Et ceci lève la question : La GU, d’où provient-elle? à quoi sert-elle? Quelle est sa valeur adaptative? Et comment a-t-elle évolué?

      [Étienne dit que] La question de l’indépendance -- entre (1) la GU (ce qui est de la syntaxe) et (2) la sémantique -- n’est pas encore résolue, contrairement à ce qui est le cas en computation. (ce qui est quoi et pourquoi?)

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  3. Ma deuxième ciélo de la semaine porte sur le cours dernier et sur Pinker et Bloom. D’après ce que je comprends, pour eux le langage est quelque chose de social et culturel qui est influencé par les contextes dans lesquels il est utilisé. Les règles syntaxiques seraient ainsi apprises (soi de façons supervisées, non supervisé ou par instructions verbales). Ils considèrent que la capacité à comprendre et à produire des phrases grammaticales est le résultat d'un apprentissage social et d'une exposition aux modèles linguistiques dans l'environnement de l'enfant et donc en ce sens, contrairement à Chomsky, ils rejettent l'idée d'une grammaire universelle innée. Dans le cours vous aviez parlé d’un problème facile en grammaire qui renvoi à la catégorisation, dénomination, propositions, etc. dans le langage et d’un problème difficile qui je crois nous verrons dans les cours à venir qui renvoi à la grammaire universelle (qui est apparemment un problème impossible). Maintenant, je ne sais pas si ma question est hors contexte, mais je me demandais si ce problème facile et difficile ont un lien avec ceux vu dans les cours précédents ou bien il s’agit de problèmes appart?

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    1. Taly, bonne synthèse, bonnes questions. Hélas il y a un peu trop de problèmes intitulés fort/faible, facile/difficile! C’est quoi le problème facile et le problème difficile des sciences cognitives intégrale?

      Le problème quasi-difficile de la grammaire en particulier concerne la GU vs. la GO. La GO s’apprend par tous les moyens que tu as décrits, tandis que la GU ne peut pas s’apprendre (et n’en a même pas besoin) : Les enfants apprenant leur langue première font abondamment d’erreurs de GO (et reçoivent abondamment de corrections), mais ils ne font point d’erreurs (et ainsi ne reçoivent, ni nécessitent, aucune correction) de GU. Pourtant, la GU n’est pas moins complexe que la GO, et il y a des infinités d’erreurs de GU qu’on pourrait faire. (Les linguistes en font beaucoup, exprès, pour chercher à rétroingénierier les règles de la GU.)

      On ne peut pas apprendre une catégorie (C) si on ne rencontre que ses membres (C+), mais pas ses non-membres (C-). Il faut échantillonner les non-membres aussi, pour pouvoir apprendre à détecter les attributs qui distinguent les C+ et les C-, par essai, erreur et corrections. Ici, les UG+ seraient les phrases qui sont conformes avec la GU et les UG- seraient les phrases qui violent la GU. (Elles s’appellent aussi les preuves « positives » et « négatives. ») Et bien, l’enfant ne produit ni n’entend les exemples négatifs (UG-), donc il ne reçoit non plus de corrections, n’en ayant pas besoin.

      C’est ça ce qui crée le problème quasi-difficile de la GU : Comment l’enfant fait pour ne jamais faire des erreurs de GU? La GU doit être déjà innée dans son cerveau et les gènes qui produisent son cerveau. Et comment la GU s’est-elle implantée dans les gènes et le cerveau de l’enfant? Que fut sa valeur adaptative dans le milieu ancestral où le langage naquit?

      Pinker (ainsi que Pinker & Bloom) ne nient pas l’existence de la GU. Ils ne font tout simplement pas la distinction entre la GU et la GO, et ne traitent que la GO (qui s’apprend sans problème) comme si ça couvrait toute la grammaire, GU et GO. Donc ils évitent le problème quasi-difficile de la GU par pétition de principe.

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  4. Cette ciélo porte sur le texte « L’univers de Chomsky ».

    Malgré toutes les critiques que Chomsky puisse recevoir concernant la grammaire universelle, il parvient toujours à soutenir scrupuleusement sa théorie à l’aide d’arguments difficilement contestables. L’une des critiques porte sur les règles grammaticales qui sont supposément apprises par induction, imitation, essais et erreurs avec corrections, ou bien par instruction formelle. Chomsky répond à cette opposition en renchérissant que la grammaire universelle explique «la capacité d’apprendre une langue, quelle qu’en soit la nature. » Donc, que la GU ne s’intéresse pas aux « règles de grammaire habituelles ». Il évoque que les locuteurs et locutrices sont en mesure de juger spontanément de la grammaticalité d’une phrase qu’ils n’ont jamais entendue, et ce, sans qu’elle ne soit formée par les règles de grammaires ordinaires apprises. Les locuteurs et locutrices se baseraient alors sur les règles de leur GU.

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    1. Ma deuxième ciélo porte sur l’article « La grammaire universelle de Chomsky ».

      On réalise que la théorie de Chomsky contrevient à l’approche de la psychologie évolutive selon laquelle les gènes comportant des attributs conférant un certain avantage adaptatif auraient été distribués aléatoirement dans la société laissant place à la sélection naturelle et à la modification des gènes au fil du temps. Dans ce cas-ci, l’avantage adaptatif est le langage. Or, Chomsky estime que nos facultés linguistiques sont apparues accidentellement. L’humain aurait donc toujours été doté d’une grammaire innée, mais aurait commencé à en user inconsciemment (car innée) de manière fortuite.

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    2. Jade-Émilie, bonnes observations. L'erreur des critiques de Chomsky est de ne pas tenir compte de la distinction entre la GO et la GU, comme si la GU était apprenable, comme la GO.

      Personne (y compris Chomsky) n’a encore une théorie qui expliquerait comment et pourquoi la GU aurait pu évoluer. Qu’elle fût passivement inhérente dans le génome humain (ou pré-humain) n’est pas une explication; c’est une pétition de principe. Il faut préciser sa valeur adaptative (et nonpas seulement la valeur adaptative du langage, sans expliquer en quoi le langage nécessitait la GU). Il faut aussi expliquer comment la GU aurait pu évoluer progressivement. As-tu des hypothèses?

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  5. J'ai deux questions à propos du premier lien sur la GU : je n'ai pas compris ce qu'était le programme minimaliste, et je ne saisis pas non plus cette phrase-ci :
    "Chomsky ne conçoit pas l'origine de nos facultés linguistiques comme le résultat d'une quelconque pression sélective, mais plutôt comme une sorte d'accident fortuit."
    La variance génétique est dûe à des accidents fortuits justement, qui sont ensuite "sélectionnés" par pression de l'environnement, non ?

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    1. Anne, le programme minimaliste est la plus récente des simplifications de la GU proposées par Chomsky. C'est plus simple, mais le problème de la Pauvreté du Stimulus (PoS) persiste: L'enfant ne peut pas apprendre les règles de la GU minimaliste parce qu'il les « sait déjà » -- car il ne fait que des erreurs de GO, pas de GU.

      Oui, l'évolution consiste d'accidents (et recombinaisons) fortuits. Mais le problème dans le cas particulier de la GU est qu'elle est trop complexe (même la variante minimaliste) pour apparaître d'un seul coup, et on ne voit pas comment elle aurait pu évoluer progressivement, par une série d'accidents fortuits: que serait la valeur adaptative de chaque incrément fortuits de cette série cumulative d'accidents?

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  6. Merci d'avoir permis de voir l'autre facette politique Chomskyenne dans votre second lien - j'ai traversé des études de linguistique il y a fort longtemps sans que personne n'ai pris la peine de le faire, et je suis restée persuadée pendant trop longtemps que le monde portait deux Noam Chomsky (!) -

    Pouvez-vous me dire si la grammaire générative EST la GU, ou si la grammaire générative est l'outil qui nous permet de ne produire que des énoncés corrects et la GU est la théorie qui explique d'où vient cet outil ?

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    1. Anne, la GG est la première des 5-6 mises-à-jours de la GU, dont le minimalisme est la plus récente.

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  7. Ma cielo pour ce cours :

    Le première grande trouvaille (sculpture) de Chomsky est le constat que les enfants énoncent des phrases conforment à une grammaire qui ne leur a pas été formellement enseignée, et qu’ils reconnaissent les phrases qui ne sont pas conforme à cette grammaire :
    " Robert livre lit le " n’est pas correct, et les enfants ne l’énoncent jamais.

    Quand on se demande comment ces enfants procèdent pour ne jamais se tromper, Chomsky suggère, et en cela réside sa seconde trouvaille, qu’il existe une “grammaire universelle” qui est commune à tous les enfants, et qui est innée.
    Elle est innée car les enfants la développent sans un apport suffisant à son sujet (c’est l’idée de pauvreté du stimulus/de l’apport), c’est à dire qu’ils entendent des phrases toutes conformes à cette grammaire, mais pas assez pour justifier son acquisition sans instruction ou sans essai-erreur.
    Ils l’apprennent justement : -> sans jamais émettre de proposition non conformes à la GU qu’un adulte devrait corriger <-

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    1. Anne, « Robert livre lit le » n’est pas une violation de la GU mais de la GO. On peut expliquer exactement pourquoi c’est erroné à partir des règles connues de la GO (du français).

      C’est le malentendu le plus fondamental concernant la GU. Si on n’a pas suivi des cours sur la GU, on n’a aucune idée de ce qui sont ses règles. (Évidemment Bruno Dubuc, malgré son estimable capsule explicative, n’a jamais suivi un cours sur la GU – juste des sources secondaires par d’autres qui ne l’ont fait non plus!) Si on invente une erreur syntaxique de sa fantaisie, c’est certain à presque 100% que ça sera une erreur de GO.

      Les linguistes fabriquent les erreurs de GU en faisant une hypothèse d’une règle de GU, puis en l’éprouvant expérimentalement. Comment? En construisant des phrases qui (si la règle hypothétisée est en effet une règle de la GU) devraient être correctes, ainsi que des phrases qui (d’après la règle) ne devraient pas être correctes. Qui sera le juge? C’est l’oreille du linguiste lui-même! Si la phrase est incorrecte ça va clocher à son oreille exactement comme dans le cas de « Robert livre lit le », sauf que l’explication sera la règle hypothétisée par le linguiste et non pas une règle de GO.

      Ce n’est pas de la magique. C’est une conséquence du même fait qui empêche l’enfant de faire des erreurs de GU (parmi maintes erreurs de GO), et qui permet l’enfant déjà très tôt (et éventuellement aussi le linguiste adulte) de percevoir qu’il cloche quelque chose s’il entend une erreur de GU. Ça va clocher exactement comme les erreurs de GO clochent pour nous tous, lorsqu’on a assez maitrisé la GO (par app non sup et sup, ou par instruction explicite verbale).

      (Tu sembles ne pas avoir lu mes répliques dans les semaines précédentes qui portaient déjà sur la distinction entre la GU et la GO...)

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    2. J'ai lu les répliques concernant la différence de la GU et la GO. Est-ce la phrase: « Charlie est mort et il a perdu son chien. » serait un bon candidat pour une phrase correcte pour la GO, mais discutable pour la GU ?

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    3. Diana, je crois que non. Il y a des exemples de violations de GU qui ressemblent à ça, mais cet exemple-çi ne pose pas de problème, même pas une vraie ambiguïté de référent pronominal.

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    4. Merci. Probablement, j'aurais dû partager le sens que cette phrase devrait communiquer (au moins pour l'enfant qui l'avait composée). L'enfant voulait dire que « Charlie est mort et son chien s'est perdu ».

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  8. Ma ciélo de cette semaine porte sur la « Capsule outil : La grammaire universelle de Chomsky ».

    Chomsky affirme que les êtres humains détiendraient une grammaire universelle (GU). Cette dernière permettrait aux enfants de parler sans faire d’erreur de grammaire flagrante du genre « Ma jambe a mal à moi » au lieu de « J’ai mal à la jambe ». De plus, des travaux affirment que la capacité d’enchâsser une proposition au sein d’une autre (de faire des phrases subordonnées) serait unique à l’être humaine. Or, l’étendue de cette GU semble ne pas être détaillée en ce sens où les règles qui sont innées aux être humains ne sont pas écrites.
    Sachant cela, le test de Turing me semble encore plus difficile à réaliser. En effet, un ordinateur, une machine, ne « naitrait » pas avec la GU ni avec la capacité d’enchâsser des propositions. La personne qui programme l’algorithme devrait donc l’intégrer à sa programmation. Or, comment programmer des règles de grammaire qui ne sont pas connues de manières claires?
    Une manière de « vaincre » le test de Turing serait donc de bien l’écouter (ou de bien le lire) et de se fier à son instinct lorsqu’une formulation nous accroche... Par exemple, je sais que l’inscription sur ma tasse de Stitch a été traduite par un ordinateur et non une personne, car il est écrit : « Micro-ondes coffre-fort ».

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  9. Si la GU ne peux pas être implantée dans TT, alors ce genre d'erreur aidera à identifier un robot, je suis d'accord avec toi ! Je suis pas sûre que ton exemple « Ma jambe a mal à moi » ne constituerai pas une formule compréhensible, pour être contraire à la GU il faudrait quelque chose de radicalement alien et incompréhensible, "Mal à j'ai moi jambe" (c'est très difficile de chercher à formuler quelque chose qui échappe à la GU, c'est significatif !).

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    1. ooohhh intéressant! Merci de la précision/rectification!

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    2. Marie, Anne, svp lire les répliques concernant GO vs. GU. Vos tentatives de violer GU ne sont que des violations de GO.

      Puisque les espèces non humains n’ont aucune langue, elles n’ont pas de propositions du tout, même sans clauses subordonnées. (Mais oui, les contraintes sur les clauses subordonnées peuvent être pertinentes pour GU.)

      GO s’apprend, donc la capacité d’apprendre suffirait pour réussir T2, mais l’absence de la capacité de parler conformément à GU rendrait ça impossible de parler, et ainsi de réussir T2. Donc T2 nécessiterait déjà la capacité GU innée.

      Anne, le problème avec ce qui enfreint soit GU soit GO n’est pas qu’on ne peut pas comprendre la phrase, mais que ça sonne faux, ça cloche. Dans le cas des violations de GO, elles sont discordantes avec les règles de GO apprises, Dans le cas de GU, ça ça se heurte à nos intuitions innées.

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  10. Ma première question après les lectures de cette semaine concerne le concept central de la Grammaire Universelle:

    Pendant la première moitié du XXe siècle on croyait que l'enfant apprenait le langage en écoutant et répétant ce que les adultes disaient (courant behavioriste: apprentissage par essai et erreurs). Le linguiste Noam Chomsky a remis cette idée en question car, pour lui, le nombre de phrases que nous pouvons créer est infini, donc impossible d'être reproduit par imitation. Selon Chomsky, la capacité d’apprendre une langue s’explique que par l’existence de règles d’une grammaire universelle, commune à toute langue. Ces règles ne peuvent pas êtres apprises par essai et erreurs, donc elles seraient innées à l’être humain. Mais quelles sont ses règles ou “contraintes structurelles” qui structurent le langage et par conséquent la pensée? Même en lisant les ciélos précédentes le concept reste flou e je me demande si c'est pertinent d'essayer de comprendre ses règles dans le cadre de ce cours...

    Ma deuxième question fait référence à une phrase impactante tirée de la réponse de Noam Chomsky à la question posée par Harnard:
    “ Les réalités humaines sont essentiellement déterminées par la volonté et les choix, choses très difficiles à comprendre et que nous ne comprendrons sans doute jamais.”

    La volonté est un état d’esprit? Sur quoi serait-elle basée? Sur l’instinct? Depuis quelques semaines je me demande quelle est la place du concept d’instinct dans les sciences cognitives. Instinct de survie en évolution? Instinct sexuel? Ou bien c’est un concept uniquement appliqué à la psychanalyse et au monde animal? Les choix seraient-ils basés sur des raisonnements rationnels d’ordre computationnels ou bien instinctifs, émotionnels/inconscients?

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    1. Rafael, stp lire mes autres répliques concernant GU vs. GO, et les problèmes posés par l’explication de l’évolution darwinienne de GU.

      Le problème n’est pas qu’il y a une infinité de possibles locutions en langage. Il y a une infinité de possibles calculs qu’on peut faire en mathématique mais on peut apprendre les règles. Il y a une infinité de locutions qui sont conformes avec les règles de la GO, et on peut apprendre les règles. Le problème est la GU : Pourquoi?

      Les enfants ne peuvent pas apprendre les règles de GU, mais les linguistes adultes, collectivement, en collaboration, sont en train de les apprendre, petit à petit. Comment est-ce que c’est possible?

      Pour apprendre les règles de GU qu’ont appris les linguistes, il faut suivre des cours de linguistique. Elles ne seront pas apprises dans ce cours-ci, et il n’est pas nécessaire de les apprendre pour attaindre un A ce cours. (Du reste, je ne pourrais pas les enseigner, les règles de la GU, car je n’ai jamais suivi un cours de linguistique moi-même non plus! Il faut juste comprendre les différences pertinentes entre la GU et la GO [que sont-elles?].)

      Oui, la « volonté » est, entre autres, un état d’esprit, un état ressenti : Ça ressemble à quelque chose de faire un mouvement exprès. Et ça ressemble à autre chose de faire un mouvement réflexif, ou d’être poussé.

      Il y des résultats intéressant sur ce ressenti de « libre arbitre » que nous connaissons tous. Il s’agit des expériences inspires par des recherches de Benjamin Libet. Mais il n’y a pas le temps pour les traiter dans ce cours.

      À noter juste que le problème du « libre arbitre » – ce ressenti de faire des actions volontairement vs. Involontairement – n’est pas la même chose que le problème du « déterminisme » [Est-ce que tout ce qui se passe dans l’univers – y compris tout ce que font les humains – est déterminé causalement par les lois causales de la physique et le déroulement des événements cause/effet depuis le ‘Big Bang’ -- ou est-ce qu’il y un marge de « liberté » dans tout ça, peut-être fourni par la mécanique quantique?]. Le ISC1000 n’est ni un cours de physique, ni un cours de métaphysique! Les sciences cognitives couvrent la rétroingénierie des capacités cognitives (le problème facile), et un peu aussi la capacité au ressenti (Semaine 10, le problème difficile), mais c’est tout!

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  11. Je commencerai en donnant un aperçu de ma compréhension de la différence entre GU et GO. Déjà en comprenant qu'avec GO il peut y avoir correction, car ce n’est qu’en entendant quelque chose qui sonne faux que l’on peut donner la correction. On ne peut pas faire d’erreurs avec GU, car il est inné et de plus très difficilement identifiable de ce que j’en comprends. Je ne pourrais en aucun cas définir la GU.

    J’ai porté une attention au minimalisme et ma compréhension est qu'actuellement l’idée donnée de Chomsky serait moins une approche génétique, mais plus une construction de circuits neuronaux. La plasticité est la capacité de notre cerveau à s’adapter, à se transformer.

    Je suis d’accord qu’il n’y a pas de théorie qui aurait prouvé que Chomsky a tort, mais je trouve intéressantes les avenues proposées par d’autres scientifiques dans le paragraphe des critiques de Chomsky. En date d’aujourd'hui c’est toujours Chomsky avec le minimaliste qui a le dernier mot ?

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    1. Mélanie, avec GO, l’enfant fait les erreurs puis c’est les adultes qui corrigent. Donc app sup. Mais tu as renversé cause et effet avec GU : L’enfant ne fait pas d’erreurs, et donc il est né avec les règles GU déjà implantées dans ses gènes et son cerveau, pas l’inverse. Lis mes autres répliques. Ce sont les linguistes adultes qui « apprennent », progressivement et collaborativement, les règles de la GU. Toi tu ne peux pas les connaitre sans suivre les cours de syntaxe en linguistique. Pas plus que tu ne peux pas connaitre la topologie algébrique sans l’avoir étudié.

      Ni moi ni frère-cadet n’avons compris ton deuxième paragraphe. La GU minimaliste n’a rien à voir avec la neuroplasticité. Elle est toute aussi innée et non apprenable que les versions précédentes plus compliquées de la GU. La pauvreté du stimulus (POS) [c’est quoi?] s’applique autant au minimalisme qu’aux versions précédentes.

      Chomsky est l’auteur de toutes les versions de la GU. La seule réfutation serait de démontrer que la POS ne s’applique pas, et que les enfants commettent des erreurs de GU. Mais ça impliquerait aussi que la GU est apprenable, comme la GO, et donc GU = GO. Jusqu’ici personne n’a produit des preuves de ça.

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    2. J’ai pris l’idée dans le texte. J’avais compris qu’il remettait en doute que ce serais innée. Ma compréhension est que son explication nous renvoyait à de nouveaux circuits et que la plasticité du cerveau était influencée par son environnement.

      Voici l'extrait:
      Le programme minimaliste (dans le texte La grammaire de Chomsky)

      Dans les années 1990, Chomsky a concentré ses travaux sur ce qu'il a appelé le " programme minimaliste ". Celui-ci tente de démontrer que les facultés langagières du cerveau sont les facultés minimales auxquelles on pourrait s'attendre étant donné certaines conditions extérieures qui nous sont imposées de manière indépendante.

      Autrement dit, Chomsky met moins l'accent sur quelque chose comme une grammaire universelle inscrite dans notre cerveau que sur un grand nombre de circuits cérébraux plastiques. Et avec cette plasticité viendrait un nombre infini de concepts. Notre cerveau procéderait alors à une association des sons et des concepts. Et les règles de grammaire que l'on observe ne seraient en fait que les conséquences, ou les effets secondaires de la façon dont le langage fonctionne. On peut par exemple décrire le fonctionnement d'un muscle avec des règles, mais ces règles ne font qu'expliquer ce qui arrive au niveau du muscle, pas les mécanismes utilisés par le cerveau pour générer ces règles.



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    3. Mélanie, Bruno Dubuc ne fait pas la distinction entre GU et GO dans sa capsule. Pinker non plus, dans aucun de ses écrits. Ils les traitent comme c'était la même chose. Mais dans ce cours on met l'accent sur les différences entre GU et GO. Que sont-elles? Sachant qu'il y a cette différence, comment critiquerais-tu ce passage de Dubuc?

      Les lectures sont des suppléments, pas des manuels. Il faut les traiter d'une attitude critique, utilisant ce qu'on apprend dans les cours et les répliques-ciélos. ISC1000 est simple et facile, mais c'est impossible d'atteindre un A en se fiant uniquement aux lectures, sans assister aux cours, faire les ciélos, et lire les répliques.

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  12. Bonjour, j’ai lu toutes vos répliques concernant la distinction entre GO et GU. J’ai bien saisi la distinction sur le plan théorique, cependant je n’arrive pas à comprendre comment deux grammaires peuvent cohabiter? Est-ce que les deux grammaires portent sur des points grammaticaux différents et ainsi elles sont complémentaires? Par exemple la GU sur l’ordre des mots(d’après l’exemple dans la lecture La grammaire universelle de chomsky: “Ainsi, on perçoit tout de suite que la phrase " Robert livre lit le " n'est pas correcte en français même si l'on peut avoir une bonne idée de sa signification”? Pourtant toutes les langues n’ont pas le même ordre de structures des phrases mais surtout, certaines langues comme les langues iroquoiennes ont un ordre des mots variables. quand est il de la grammaire universelle appliqué à l’apprentissage de ces langues là? Je ne sais pas si mon ciélo est pertinent mais j’ai du mal à comprendre l’application de la GO et de la GU dans la vie réelle.

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    1. Camille, c’est des très bonne questions. Voici, sans rentrer dans trop de détails, des petites réponses. Il est incorrect que la GO et la GU sont des règles indépendantes mais complémentaire. Il y a une interdépendance qui s’appelle les paramètres. Les paramètres sont des options dans la GU dont les valeurs sont fixées par l’apprentissage GO.

      Un des exemples est celui que tu as mentionné : l’ordre des mots.

      Les propositions consistent d’un Sujet (S) et d’un prédicat. Les prédicats à leur tour consistent d’un Verbe (V) et d’un Objet (O).

      Jean (S) aime (V) Marie (O).

      En français, ce paramètre prend la valeur SVO, quand on apprend la GO du français (comme langue première). SVO est une règle apprise du français, et ainsi aussi un paramètre acquis de la GU.

      Mais il y a d’autres options pour ce paramètre. Il y a des langues qui permettent SOV, VSO, VOS, OVS ou OSV. Donc ce paramètre a 6 possible valeurs. C’est la GO apprise qui décide.

      Et il y a d’autres paramètres aussi (je vais simplifier) : Formes fléchies permises (FF+) ou formes fléchies interdites (FF-). Les paramètres interagissent aussi entre eux. Il y le paramètre Pronoms Obligatoires PO et Pronoms Facultatifs (PF), mais ce n’est que les langues FF+ qui peuvent prendre la valeur PF. (Un prix pour celui qui peut expliquer pourquoi!).

      Mais ces détails sur les paramètres fixés par la GO de chaque langue ne sont pas pertinents ici. Ce qu’il faut retenir c’est que chaque combinaison de paramètres GO (il n’y en a qu’un petit nombre, ce qui est un peu semblable au petit nombre de mots fonctionnels, par rapport au nombre énorme de mot de contenu actuels -- et le nombre illimité de mots de contenu potentiels) change un peu les détails de la GU, pour qu’elle soit conforme à la GO de la langue particulière.

      Chomsky fait l’analogie que la GU est comme la structure d’une « radio », qui est innée. Les paramètres, qui sont apprises avec la GO de la langue (première), sont comme les cadrans de la radio, qui fixent quelle station (langue particulière) transmettra la radio.

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  13. Grammaire universelle de Chomsky :
    La grammaire ordinaire (G.O) est apprise pars essais erreurs et apprentissage supervisé/non supervisé. À contrario, la grammaire universelle (G.U) serait une capacité innée. Selon Chomsky, nous posséderions tous une forme d’architecture syntaxique instinctive sur laquelle serait bâtie le langage naturel. Les langues, bien que parfois très différentes, posséderaient ce socle commun : la grammaire universelle. Bien que cette théorie soit sujette à controverse il est intéressant de se poser la question de l’origine de cette capacité : serait-elle une capacité baldwinienne hérité d’un avantage évolutif promu pars sélection naturelle chez nos ancêtres ? Quoique le langage et la proposition soient d’un avantage évolutif certains il est moins évident de concevoir la grammaire universelle en tant que structure syntaxique codé génétiquement pars vois de mutations et de sélection naturelle. Une autre théorie serait que la grammaire universelle serait en fait l’expression de nos propres ``limitations`` cognitives. En d’autres termes, la grammaire universelle dessinerait les contours des habilités naturelles de nos cerveaux ; le langage se serait alors adapté à nos capacités et non l’inverse. Dans tous les cas, une capacité grammaticale serait précodé chez l’être humain, lui donnant une prédisposition et un schéma préétablit d’apprentissage du langage ainsi que la capacité d’inventer spontanément de nouveau langage si besoins.

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    1. Renaud, bonne synthèse des forces et des failles de la théorie de la GU.

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  14. Quand il est dit que : « Pour Chomsky, si les enfants développent si facilement les opérations complexes du langage c’est qu’ils disposent de principes innés qui les guident dans l’élaboration de la grammaire de leur langue. »

    Peut-on avoir une idée de ce à quoi ressemblent un de ces principes ?

    Est-il possible de créer un langage utilisable qui ne serait pas assujetti à la grammaire universelle ?

    Est-ce possible que les règles de la grammaire universelle puissent être propres à tout langage utilisable en premiers lieux et accessoirement présent universellement dans nos parcours d’apprentissage ?

    En ce qui concerne la pauvreté du stimulus, y a-t-il une façon de la quantifier ou est-ce une observation subjective et acceptée par convention ?

    Mis à part l’argument de la pauvreté du stimulus, y a-t-il autre chose qui sous-tend que la GU est innée ?

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    1. Rock, bonnes questions!

      1. Peut-on avoir une idée de ce à quoi ressemblent un de ces principes (de la GU) ?

      Oui, mais pour ça il faut suivre les cours de linguistique

      2. Est-il possible de créer un langage utilisable qui ne serait pas assujetti à la grammaire universelle ?

      Question irrésolue, mais probablement pas en langue première.

      3. Est-ce possible que les règles de la grammaire universelle puissent être propres à tout langage utilisable en premiers lieux et accessoirement présent universellement dans nos parcours d’apprentissage ?

      Tu veux dire en langue seconde? Oui, c’est ça l’hypothèse.

      4. En ce qui concerne la pauvreté du stimulus, y a-t-il une façon de la quantifier ou est-ce une observation subjective et acceptée par convention ?

      C’est une observation sans exception que les enfants font des erreurs un GO mais pas en GU

      5. Mis à part l’argument de la pauvreté du stimulus, y a-t-il autre chose qui sous-tend que la GU est innée ?

      Mis à part la GU et la POS, il ne reste que la capacité d’apprendre une langue qui est innée – pas la langue, la capacité de l’apprendre. Donc, il ne s’agirait que de l’évolution baldwinienne par l’évolution darwinienne paresseuse

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  15. Je comprends que le concept de grammaire universelle (GU) fait référence à des règles hypothétiques qui seraient innées et qui ne nécessiteraient aucun apprentissage comparativement aux règles de la grammaire ordinaire (GO) qui doivent être apprises. Toutefois, je ne comprends pas comment on fait pour affirmer qu’il y a des règles qui régissent notre langage peu importe la langue et avec lesquelles les humains ne font jamais d’erreurs. Construire une phrase comme « Robert livre lit le » relève de la GO, je suis d’accord, cette phrase est incorrecte syntaxiquement pour le français. De plus, ce même ordre pourrait être correct dans une autre langue ce qui semble confirmer qu’il s’agit de la GO spécifique au français. Toutefois, une phrase comme « Les idées vertes incolores dorment furieusement » est conforme aux règles de la GO mais ne répondrait pas aux règles de la GU? Je ne suis pas certain de comprendre. Pour moi, cette phrase ne fait pas de sens simplement parce que la personne qui la dit a mis en relation des concepts qui ne semblent pas aller ensemble puisqu’il le voulait ainsi. Si les humains ne sont pas capables de faire d’erreur de GU, ne devrait-il pas être impossible de composer une phrase ne faisant pas de sens? En outre, pour moi, les humains comme n’importe quelles espèces sont imparfaits, il n’existe pas d’humain qui ne fait jamais d’erreur.

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    1. Alex, lis ce que j'ai répliqué concernant les paramètres, dans ce fil de discussion et dans le cours (l’enregistrement est en ligne).

      Comme on a discuté au cours, la célèbre phrase « Les idées incolores...» est un peu fantaisiste et contient ce qui semblent être des contradictions logiques, mais elle est parfaitement conforme aux règles de la GU ainsi que la GO. Ce que cet exemple était censé illustrer c’était que les règles syntaxiques ne nécessitent pas une sémantique qui fait du bon sens. Lewis Carroll va encore plus loin avec ses mots en partie inventés en « Jabberwocky.

      Oui, on commet des erreurs de GO, mais la nature et la probabilité d’une erreur de GU seraient comme celles d’une faute de frappe plutôt que d’une faute d'orthographe.

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  16. Désolée pour la longueur de ce ciélo.

    Mon enchantement de l’expression « Grammaire Universelle » a perduré beaucoup moins longtemps que je m’y attendais. Je l’ai entendu l’automne passé et j’avais compris que c’était une idée extraordinaire : donner la chance égale à toutes les langues de se réaliser dans chaque nouveau-né sur la planète. Ceci me rappelait l’histoire biblique de Babylon et la tour que les humains avaient commencé à ériger une tour pour atteindre le Ciel. Je me disais, que finalement les Dieux qui ont séparé les humains à parler des différentes langues et ne plus se comprendre entre eux, ont quand même nous laissé la possibilité de les apprendre tous, de là cette « Grammaire Universelle » de Chomsky.

    Grammaire par définition est un « ensemble de règles d’usage que l’on doit suivre pour parler et écrire… » Or, la GU n’a aucune règle explicite, au moins, il n’y a de mentions ou d’explication ou de nomination de règles. On sait que les gens peuvent juger de la grammaticalité d’une expression ou d’une phrase en se basant sur ses « règles », mais on ne les explicite jamais. Dans le texte on peut lire : « On appelle " grammaire générative " cet ensemble de règles qui nous permet de comprendre les phrases et dont nous sommes, le plus souvent, totalement inconscient. C'est elle qui fait que tout le monde dit " tout le monde dit " plutôt que " le monde tout dit " ».

    Le début de ce ciélo a été mis il y a une semaine. Depuis, je ne peux pas avancer, je tourne en rond, car je n’arrive pas à associer le référant du mot « grammaire » avec la première partie de l’expression « Grammaire Universelle », comme baptise Noam Chomsky cette affinité innée, cette prédisposition d’apprentissage des langues. J’essaie de trouver la réponse à la question pourquoi si « on voit que ce que désigne la grammaire générative n'a rien à voir avec les livres de grammaire scolaires dont le but est simplement d'expliquer ce qui est grammaticalement correct ou incorrect dans une langue donnée. », on appelle cette capacité, cette faculté de l’être humain une « Grammaire ». Une autre piste de réflexion : la grammaire est externe au langage, même si elle utilise ses éléments pour le décrire, autrement dit la grammaire utilise des mots pour expliquer et régler les relations entre eux-mêmes. Cependant, la GU fait partie, elle est une caractéristique de l’espèce humaine. S’agit-il du même concept? Si oui, je ne comprends pas le concept de grammaire et je dois recommencer s’il ne s’agit pas du même concept (grammaire), pourquoi l’utiliser à nommer quelque chose COMPLETEMENT différant?

    Je vous serai très reconnaissante si vous pourriez me sortir de mon cercle vicieux.

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  17. Il est clair que l’idée d’une grammaire universelle a été une idée novatrice à l’époque. La pertinence de cette théorie est d’autant plus supportée par le fait que personne n’a été en mesure de la réfuter complètement : « Jusqu’à présent, Chomsky lui-même a facilement et rigoureusement répondu à toutes les oppositions à sa théorie. Il ne fait aucun doute qu’il a été et reste le géant du champ qu’il a créé ». En effet, l’idée que les hommes partagent une sorte de grammaire universelle issue de connexion neuronale dédiée à cette activité cognitive est novatrice dans le fait qu’elle remet en question le paradigme de l’empirisme du langage issu du siècle des Lumières. Outre son caractère novateur, elle possède aussi une base supportée par la science cognitive qui remet en question les théories de Piaget et Skinner. Par exemple, les nouveau-nées sont dès lors capables de distingue nombres de vocalisations humaines et ce, peut importe la langue. Il existe donc, à partir de ces conclusions scientifiques, une capacité innée chez l’homme de comprendre la logique syntaxique de la langue.
    Les critiques de Chomsky, principalement représenté par les biologistes évolutionnistes, estiment que le langage est plutôt issu des habilités et contraintes biologiques. Il n’existe donc pas ‘’d’organes’’ propres au langage, mais un système de fonction distribué à travers l’architecture du cerveau.
    Malgré une incompatibilité apparente, est-il possible de conceptualiser une théorie qui rejoint le principe de grammaire universelle et de biologie évolutionniste ?

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  18. Selon Noam Chomsky, l'idée de la Grammaire Universelle implique que la capacité à apprendre une langue est déjà présente chez les êtres humains dès leur naissance, et qu'elle est innée plutôt qu'acquise. Cette hypothèse est basée sur l'observation que tous les êtres humains, quels que soient leur langue maternelle et leur culture, ont la capacité de comprendre et de produire des phrases grammaticalement correctes. Bien que cette théorie soit controversée, elle est intéressante car elle suggère que l'acquisition du langage ne repose pas uniquement sur l'apprentissage par imitation et par des règles arbitraires, mais plutôt sur une capacité innée qui est préprogrammée dans le cerveau humain. Cela signifie que les êtres humains ont une capacité universelle à apprendre toutes les langues, même celles qu'ils n'ont jamais entendues auparavant. En d'autres termes, la Grammaire Universelle fournit la base de la capacité humaine à produire et à comprendre des phrases grammaticalement correctes, ce qui donne la puissance du langage.

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    1. la capacité de parler et de comprendre une langue ne dépend pas seulement de l'exposition à une langue en particulier, mais plutôt d'une capacité préexistante à acquérir une structure syntaxique.

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  19. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  20. Ce ciélo porte sur les différences entre GO et GU.

    La GO est :

    - un mème, arbitraire et culturellement transmise, qui fonctionne selon des règles syntaxiques

    - apprise, par essai/erreur/correction et instruction verbale

    La GU est :

    - comme son nom le dit, universelle : présente dans toutes les langues et invariable

    - innée

    On croit que la GU est innée en raison de l'argument de la pauvreté de l'input (ou du stimulus/de l'apport en bon français). Les enfants qui apprennent à parler ne reçoivent jamais d'exemples d'erreurs de GU. Pour apprendre une catégorie, il est autant nécessaire de distinguer ses membres que ses nom-membres, ce qui ne peut pas se faire sans exemples négatifs. Or, les enfants ne font jamais d'erreurs de GU et ne reçoivent conséquemment pas non plus de corrections.

    Reste à comprendre de quel mécanisme évolutif provient la GU. Si Chomsky a raison, est-ce que découvrir la provenance de la GU ne reviendrait pas à expliquer l'origine du langage?

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  21. J'ai une question en ce qui concerne les erreurs de GU. La phrase "des idées incolores vertes dorment furieusement" est souvent donnée en exemple d'une phrase conforme à la GO mais pas à la GU. J'ai toujours pensé que c'était parce qu'elle était sémantiquement incohérente, et je traçais une dichotomie "respect de la syntaxe" pour la GO vs "respect de la sémantique" pour la GU. Or, vous avez indiqué à Anne que sa phrase "Mal à j'ai moi jambe" ne violait que la GO, pas la GU alors que j'aurais eu tendance à penser qu'elle violait les deux.

    Ma question est, selon quel critère peut-on identifier les erreurs de GU? À quoi ressemblent-elles? Vous dites dans un ciélo que les erreurs de GU nous font tiquer, qu'elles ne semblent pas intuitives mais j'ai de la difficulté à formuler une phrase qui violerait la GU.

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  22. L'apprentissage linguistique chez les humains se scinde en deux catégories:
    1) La grammaire universelle (GU)
    2) La grammaire ordinaire (GO)

    Avant que Noam Chomsky n'émette son hypothèse au sujet de l'existence d'une grammaire universelle, on présumait que l'être humain apprenait tout simplement le langage à travers une série d'essais, d'erreurs et de corrections, et grâce à l'enseignement formel. Il s'est avéré que ceci était bel et bien le cas pour la GO (ensemble de règles arbitraires sur lesquels un groupe de locuteurs s'entendent mutuellement pour assurer la compréhension), mais pas pour la GU, qui, selon Chomsky, serait un ensemble de principes linguistiques connus de façon innée et inconsciente par les êtres humains. La GU serait donc commune à toutes les langues puisqu'il s'agirait d'une structure mentale présente chez tous les humains qui les prédisposerait à l'élaboration de grammaires ordinaires.

    La GU est d'ailleurs ce qui permet aux enfants apprenant le langage de formuler des phrases qu'ils n'ont jamais entendues telles quelles auparavant, et même d'inventer une nouvelle langue si nécessaire, comme dans le cas des langues créoles présenté dans le texte sur Chomsky, qui résultent de l'introduction - effectuée de façon intuitive - d'une grammaire complexe dans un pidgin.

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    1. Adèle, correct. Mais ce n'est pas « selon Chomsky » que la GU est innée; c'est grâce au fait que l'enfant fait des erreurs de GO mais pas d'erreur GU.

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  23. Mon résumé est le suivant: On a présumé que la GU est déjà innée à la naissance, codée dans nos gènes et nos cerveaux puisque l`enfant ne fait pas d`erreurs et donc ne reçoit pas de correction, ni d`instruction de ses parents. Cependant la GU n`est pas moins complexe que la GO et il y`a des infinités d`erreurs de GU qu`on pourrait faire. L`erreur de critique de monsieur Chomsky a été de ne pas tenir compte de la distinction entre la GO et la GU comme si la GU était apprenable, comme la GO. Et personne y compris monsieur Chomsky (l`auteur de toutes les versions de la GU), n`a encore une théorie expliquant comment et pourquoi la GU aurait pu évoluer. Pour apprendre les règles de GU, il faut suivre des cours de linguistique car ce sont les linguistes adultes qui apprennent progressivement et collaborativement les règles de la GU. Entre la GO et la GU, il y a une interdépendance qui s`appelle paramètres. Les paramètres sont des options de la GU dont les valeurs sont fixées par l`apprentissage GO. Les propositions sont constitué d`un sujet et d`un prédicat formé d`un verbe et d`un objet. Le choix du paramètre dépend de la GO apprise. Chaque combinaison de paramètres en GO change un peu les détails de la GU, pour qu`elle soit conforme à la GO de la langue concernée.

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  24. Je me permet un petit résumé de votre texte afin de compléter mes célio manquant. Chomsky affirme que les êtres humains possèdent une grammaire universelle innée qui leur permet d'apprendre n'importe quelle langue. « Les règles de la grammaire universelle ne peuvent être apprises par essais et erreurs en fonction de ce que l'enfant entend et dit, à moins que la plupart des règles soient innées » (Harnad, 2014). Les preuves avancées traitent de l'étude de la structure des langues, surtout la syntaxe. Harnad explique dans son texte que la théorie de Chomsky affirme que le langage est déterminé par la biologie plutôt que par l'apprentissage. À mon sens, cela fait des êtres humains des animaux uniques avec une capacité exceptionnelle. Harnad dit également que la théorie de Chomsky remet en question les idées selon lesquelles le langage reflète la réalité et que la connaissance est construite à partir de l'expérience.

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  25. Noam Chomsky a su remettre en question les théories du courant béhavioriste sur l’acquisition du langage qui prédominaient durant la première moitié du 20e siècle. En effet, il a posé l’hypothèse innéiste (hypothèse tout de même critiquée) que les humains sont prédisposés à acquérir la faculté du langage et que nous possédons tous une grammaire innée dite universelle (GU). La GU correspond à un système de « règles générales innées » à chaque être humain, peu importe sa langue maternelle. L’argument clé de cette hypothèse est la pauvreté du stimulus (POS) qui veut que l’input de la langue maternelle d’un enfant (apprenant d’une langue) reçoit de son environnement est non seulement insuffisant pour qu’il puisse déduire les règles de base (ses fondations), mais les enfants ne commettent également aucune erreur de GU. Ce qui est peu probable sans l’existence innée de cette GU, puisqu’ils n’ont pas moyen d’apprendre la GU au moyen d’un apprentissage supervisé (essai/erreur/correction) et que l’input provenant de leur environnement n’est pas parfait et peut notamment être truffé d’erreurs. Dans le cas de la Grammaire Ordinaire (GO), qui est unique et spécifique à chaque langue parlée puisqu’il s’agit des règles particulières à la langue en question, il n’y a pas de pauvreté du stimulus (POS).

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  26. Pour compléter ma première ciélo ci-haute, il est important de souligner que Chomsky n’a pas effectuer de distinction entre la GU et la GO dans le cadre de son hypothèse. Comme Harnad l’explique dans L’Univers de Chomsky, Chomsky stipule que le langage est le produit de la biologie (et donc de l’évolution darwinienne) et non pas de l’apprentissage. En effet, la GU serait codée dans notre génétique et nous serait innée, et ce, dès la naissance. Toutefois, il n’existe toujours pas de théorie pouvant expliquer la façon dont la GU aurait pu évoluer au fil du temps ni même expliquer son origine. Il est impossible qu’un enfant apprenne les règles de GU en raison notamment du niveau beaucoup trop avancé d’intelligibilité et de la très grande ampleur et quantité de règles existantes. Si la GO, elle, est issue de l’apprentissage, il existe tout de même un rapport d’interdépendance et d’interaction entre le GU (qui est innée) et la GO (qui est apprise). De fait, cette interdépendance et cette interaction a lieu au niveau des paramètres, qui dépendent étroitement de la GO apprise. Les paramètres correspondent à des options dans la GU dont les valeurs sont fixées par l’apprentissage de la GO. La GU est donc sujette à changer un peu tout dépendamment de l’apprentissage de la GO, le tout dans l’optique de se conformer le plus possible à la langue apprise. Il est pertinent de noter que les paramètres peuvent également interagir entre eux en plus d’être le fruit d’une combinaison entre GU et GO.

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  ISC1000-20, hiver 2023:  Catégorisation, communication et conscience Heure:  mardi 18h00-21:00 Salle du cours: R-M140 Enseignant:  Stevan ...