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lundi 3 janvier 2022

11. Qu'est-ce qui importe?

Semaine 11. Le problème des autres esprits, d'autres espèces
« Chaque personne sait de soi-même qu’elle est sensible. On ne peut pas ressentir le ressenti d’autrui, mais les  membres de notre espèce nous ressemblent, donc on leur croit lorsqu'ils nous disent qu’ils sont également sensibles. Mais qu’en est-il pour les espèces sans parole? Nous donnons le bénéfice du doute à certaines: à nos animaux de famille. Mais pas à celles que nos mangeons, même si elles ressemblent à nos animaux de famille. On a de la misère à justifier cette distinction: une dissonance cognitive entre l’amour pour le coeur de l’un et le goût pour la chair de l’autre. Avec les poissons, qui nous ressemblent beaucoup moins, on se convainque plus facilement qu’ils sont insensibles. La science nous dit le contraire. »

C'est votre choix ce que vous lirez et ensuite commenter en ciélo:

Le Neindre, P., Dunier, M., Larrère, R., & Prunet, P. (2018). La conscience des animaux (p. 120). éditions Quae.

Résumé Les animauxont-ils une conscience ? Comment perçoivent-ils leur propre monde ? Ces questions font l’objet de débats dans la communauté scientifique aussi bien pour des raisons académiques que pour des raisons pratiques. Ainsi, le 7 juillet 2012, un collectif de scientifiques de premier plan mené par Philip Low a éprouvé la nécessité de publier en Angleterre un manifeste intitulé La Déclaration de Cambridge sur la conscience. Il énonce qu’« une convergence de preuves indique que les animaux non humains disposent des substrats neuro-anatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques des états conscients ainsi que de la capacité d’exprimer des comportements intentionnels... ». Il appelle à l’intensification des recherches pour connaître plus avant cette capacité des animaux.

Harnad, S (2014) Luxe, nécessité, souffrance. Québec Humaniste

Résumé : Il est facile de cultiver la psychopathie chez nos enfants: il suffit de leur dire que manger de la viande est nécessaire à leur survie et à leur santé, que puisque les animaux le font aussi sans remords, c'est une loi de la nature, et qu'en tout cas les animaux sont élevés et abattus de manière "humaine" (il suffit d'éviter de visionner des images Google sur les élevages et les abattoirs). En fait, par exactement les mêmes moyens culturels, nous pourrions (encore) inculquer à nos jeunes le goût et la justification du viol, de la torture, de l'esclavage et du génocide.

Larue, R. (2019). «Tirer l’homme de la classe des animaux carnassiers.»: Rousseau et les preuves scientifiques de notre nature végétarienne. Sens public.

Résumé : Dès l’époque du Discours sur l’origine de l’inégalité, Jean-Jacques Rousseau accorde une place importante à ce qu’il juge être le régime naturel de l’espèce humaine, en l’occurrence le frugivorisme. Cet intérêt, à peine relevé par la critique, s’explique aisément par la nécessité que perçoit Rousseau de chercher dans le corps même des hommes des preuves de leur bonté naturelle. Pour que l’homme soit bon naturellement, il faut en effet qu’il ait des tendances végétariennes et un système digestif comparable à celui des paisibles animaux frugivores. Sans cela, nous serions des carnivores, nous serions nécessairement méchants et sourds à la souffrance des êtres sensibles. Ce type de réflexions a des échos de plus en plus nombreux dans les débats contemporains sur notre rapport aux animaux.

VIDÉO Semaine 11 -- 20 avril


61 commentaires:

  1. IMPORTANT :

    (1) Faites vos lectures et vos ciélos tôt dans la semaine avant le cours pour que j’aie le temps d'y répliquer

    (2) Lisez toujours les ciélos précédentes, et surtout mes répliques aux autres, avant d’afficher vos ciélos.

    (3) Revenez toujours à vos ciélos 1-2 jours après pour voir ma réplique, qui pourrait poser davantage de questions auxquelles répondre.

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  2. Une fois que vous avez lu les lectures, vous pouvez également commenter les ciélos des autres.

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  3. Il a été terriblement frustrant hier de voir que personne ne comprenais -ma question- et qu'on m'apportait une réponse qui n'en était donc pas une pour -ma question-.
    Je reformule donc:

    soit TT un test
    soit T2 une machine qui échoue TT
    soit T3 une machine qui réussit TT
    soit un chat, Félix, qui ne réussit pas TT

    1. sommes-nous d’accord sur ces termes ?
    2. pourquoi dire que T2 passe T2, ou que T3 passe T3 ? que signifierait la phrase “Félix passe Félix” ?
    Merci beaucoup !

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  4. Anne, TT est une hiérarchie de tests qui cherchent à tester le succès de la rétroingénierie des capacités cognitives (Problème Facile).

    T2 est un test qui exige la capacité verbale indistinguable de celle des vrais humains, à vie.
    Avec un peu d’ambiguïté, on appelle un candidat rétroingénierié « un T2 » s’il réussit T2.

    Même double-usage pour T3 et T4.

    Tu as raison de noter qu’on n’a pas de TT pour les non humains. Peut-être qu’un jour il y en aura. Puisque les animaux non humains n’ont pas de langages, les chats n’auraient que de cT3 et cT4.

    C’est avec ce double usage (pour le test ainsi que pour le candidat qui réussit le test) qu’on peut dire qu’un T3 réussit T3, ou un T3 réussit T2.

    Pour éliminer toute ambiguïté on pourrait utiliser minuscule pour le test et majuscule pour le candidat réussi, donc : un T3 réussit t3, ou un T3 réussit t2 – et Félix réussit ct3… (Mais si Felix est un chat et ne pas un candidat qu’on a rétroingénierié alors ça nous dit rien, tout comme ça nous dit rien si un humain réussit t2, t3, ou t4.

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  5. Dans son article, Larue donne les cinq preuves anatomiques de Rousseau selon lesquelles l’être humain est frugivore. Ces preuves, anatomiques, ne touchent pas aux questions éthiques de bien-être des animaux ni à celles de l’environnement.
    La première preuve dit que la forme des dents et des intestins des humains serait plus propice à la consommation de nourriture végétale qu’animale. Larue souligne à la fin de l’article que cet argument ne semble pas expliquer la présence de nos canines.
    La deuxième preuve est similaire à la première : nos organes internes se rapprochent de ceux des animaux herbivores.
    La troisième preuve soutient que des communautés se nourrissent de légumes et de grains. Il est donc possible de vivre sans manger de carcasses animales.
    La quatrième preuve est similaire à la deuxième : le nombre d’enfants par portée humaine est plus proche du nombre de petits par portée des animaux frugivores que des animaux carnivores. Rousseau amène l’idée que le nombre de petits par portée serait proportionnel au temps que la mère alloue quotidiennement à ses bébés : les animaux carnivores réussissent à aller chercher des calories dans un laps de temps plus court et peuvent donc rapidement nourrir leurs petits.
    La cinquième preuve est que les pongos (je crois que ce sont des orangs-outans) nous ressemblent énormément, mais ne consomment aucune nourriture provenant d'un animal. Rousseau explique en disant que ces animaux n’ont pas connu l’état de société. Si l’humain ne l’avait pas connu, peut-être serions-nous aussi végétarien (végétalien il me semble dans le cas des orangs-outans).
    Les arguments de Rousseau, tel que mentionné plus tôt, ne touchent pas à l’éthique : il ne croit pas que consommer de la viande soit bon ou mauvais.
    Je tiens tout de même à critiquer la dernière preuve. Bien que l’article ne définit pas l’état de société, je crois pouvoir affirmer que les êtres humains vivant dans l’environnement ancestral n’ont pas connu cet état. Or, ces personnes mangeaient de la viande. La raison pour laquelle les pongo ne consomment pas de viande, mais que les humains oui, doit donc forcément en être une autre que la civilisation.

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    1. Marie, tu as raison. Larue ne touche pas à l'éthique. Pour l'éthique, regarde la vidéo de Docteur Kona-Boun.

      Les humains sont des omnivores, et pendant des périodes de notre milieu ancestral il nous était très adaptatif de chasser et de consommer les animaux et les poissons (et les insectes et les verres). Mais, depuis, on a inventé l’agriculture végétal. Et aujourd’hui on peut vivre en excellente santé sur une base de plantes, au moins ceux d’entre nous qui habitent les parties plus prospères de la terre. Les horreurs que nous continuons à infliger aux animaux non humains à une échelle industrielle impensable n’ont aucune justification éthique.

      Donc tu as raison qu’à l’origine notre consommation de la viande et du poisson n’était pas juste culturelle mais adaptatives, aujourd’hui, ici, c’est purement culturel, gratuit, et éthiquement indéfensable.

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  6. Pour m’assurer de bien comprendre, je reviens sur certains liens établis entre différents concepts abordés lors du dernier cours.

    Afin de résoudre le problème des autres esprits, soit le fait de ne pas pouvoir attester avec certitude qu’autrui peut ressentir des choses et si oui comment, il nous suffit de disposer d’une explication causale qui parvient à reproduire les capacités cognitives humaines. Donc, la résolution du problème facile est nécessaire. Le modèle du Test de Turing est une des solutions à ce problème (T4 et T5 sont corrélés avec le ressenti), toutefois il ne mène pas à la « certitude » de la capacité du ressenti d’autrui. Il en va de même concernant les neurones miroirs, mais je ne suis pas certaine de saisir l’explication, j’avais cru comprendre que les neurones miroirs n’expliquaient pas causalement nos capacités.

    Quant au problème difficile, il s’agit de découvrir pourquoi et comment les êtres qui ressentent peuvent ressentir. Étant donné que la résolution du problème difficile (pas encore résout) requiert la résolution du problème facile, ce dernier s’avère encore plus complexe à résoudre.

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    1. Cette ciélo porte sur l’article « Luxe, nécessité, souffrance : pourquoi je ne suis pas carnivore » (Harnad, 2013).

      Une grande majorité des parents enseigne à leurs enfants que la viande est essentielle à la nutrition pour être en bonne santé. Ces enfants catégorisent alors, par instruction verbale, que la viande s’avère nécessaire à la survie, ce qui leur permet d’ingérer les animaux sans remords. Dans ce texte, on qualifie les personnes se comportant ainsi de psychopathes, soit des êtres vivants ne se souciant pas de la souffrance d’autres êtres vivants. Selon l’approche évolutive, les psychopathes sont ceux qui survivent, qui sont les « gagnants ».

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    2. Jade-Émilie, bonnes observations et questions.

      On n’a pas besoin de certitude pour les questions scientifiques, ni pour la gravitation, ni pour le ressenti de notre espèce et des autres espèces. On a suffisamment de preuves : les observations directes et les corrélations indirectes mais prédictives. Et tout ça ne donne que la haute probabilité, mais ça suffit. Avec les humains on a non seulement le témoignage verbal, mais les corrélats béhaviorales et neuronales, ainsi que les perceptions issues de nos capacités miroirs.

      (Oui, on n’a pas encore rétroingénierié ces capacités miroirs, mais il n’y pas raison de croire que ça ne pourra pas se faire, ni que les corrélats prédictifs ne sont pas déjà disponibles.) Avec les autres espèces les preuves corrélatives suffisent pour les vertébrés, et pour de plus en plus d’invertébrés, mais ça devient plus incertain pour les espèces qui n’ont pas de systèmes nerveux et peu ou pas de comportement, comme les microbes et les plantes, qui ne sont probablement pas sentients.)

      En général, la rétroingénierie (une fois réussie) ainsi que les corrélats suffiront pour le problème facile ainsi que le problème des autres esprits jusqu’à cette frontière d’incertitude.

      Les psychopathes ne sont pas ceux qui consomment les animaux ne sachant ni que ce n’est pas nécessaire à la santé humaine, ni que les animaux souffrent. Ça c’est juste l’ignorance, et ça peut être corrigé par l’information, sensorimotrice ainsi que verbale. C’est ceux qui continuent à consommer les animaux même sachant tout ça qui devraient se poser la question s’ils sont des personnes éthiques. (Ou est-ce une addiction apprise socialement, comme le tabagisme, l’alcoolisme, et le droguisme, dont on ne peut pas ensuite se sevrer? Je ne peux pas croire ça.)

      L’évolution darwinienne – le processus de sélection des traits génétiques adaptatifs d’après leur succès à la survie et la reproduction – pourrait être décrite comme étant psychopathe SI ce processus avait lieu dans la tête d’une entité sentiente. Mais l’évolution n’est pas l’œuvre d’une entité sentiente. Dawkins l’appelle « l’horloger aveugle », un processus aussi dépourvu de ressenti et d’intention que l’électricité ou la gravitation.

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  7. J'ai décidé de faire ma ciélo sur le chapitre 3 du livre de Neindre et al.
    Ce chapitre aborde la question de la conscience réflexive chez les animaux. Il explique que la conscience réflexive implique une capacité à avoir conscience de sa propre existence, de ses pensées et de ses émotions. Selon Le Neindre, cette capacité est associée à un niveau d'organisation cérébrale spécifique, qui est présent chez les mammifères supérieurs, par exemple les primates et les cétacés.

    Les auteurs se basent sur des études scientifiques, notamment des expériences sur les chimpanzés, qui ont montré leur capacité à se reconnaître dans un miroir, à utiliser des outils pour résoudre des problèmes, et à transmettre des connaissances à d'autres membres de leur groupe. Les éléphants se reconnaissent eux aussi dans un miroir, et ont une capacité à comprendre et à se souvenir de situations passées.

    En conclusion, les animaux sont dotés d'une certaine forme de conscience de soi, bien que celle-ci soit différente de la conscience humaine. Il est urgent et crucial de prendre en compte cette dimension de la conscience animale dans les débats éthiques et la protection des animaux.

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    1. Anne, la « conscience de soi » est un faux fuyant qu’on entend souvent de la part des philosophes de l’esprit, et les psychologue aussi. Ça revient au mot-belette « conscience » que je conseille de renoncer. Le problème difficile concerne le ressenti. Si on est un organisme sentient on peut avoir beaucoup de ressentis, dépendant de l’espèce; entendre un bruit doux, voir la couleur rouge, sentir de l’herbe, lever la tête, avoir chaud, reconnaitre un copain, comprendre une phrase, se voir dans un miroir, se reconnaitre dans un miroir, contempler le Cogito de Descartes, penser de ce quelqu’un d’autre pense de ce que je pense de lui pense de moi… Chacun de ces ressentis implique déjà le plein poids du problème difficile, ce qui est le ressenti (dont la « conscience de soi » n’est qu’un cas particulier.

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  8. Cette ciélo portera principalement sur l’article « Luxe, nécessité, souffrance : pourquoi je ne suis pas carnivore » (Harnad, 2013).Rousseau apporte des preuves basées sur l’anatomie pour avancer que l’homme n’est pas carnivore. Il ne tient pas compte de la dimension éthique. Or, Harnad dans son article aborde justement cette dimension éthique. En effet, si nous tenons compte de l’évolution humaine nous avons parfois eu nécessité de manger de la viande or nous savons que maintenant ce n’est plus le cas mais les humains le font pour leur propre plaisir. Je crois qu’il y a aussi beaucoup de désinformations sur le sujet. Ma famille ayant arrêté de consommer de la viande il y a quelques années, j'ai eu l’occasion d’entendre beaucoup de réflexions qui s’avèrent fausses telles que “ce n’est pas bon pour votre santé” et toutes ces dérives possibles et imaginables. Comme vous le dites dans votre article “je crois que c’est plus une question de culture que de culte ou de calcul:”. En effet, il est facilement possible de grandir dans un environnement où on ne se questionne pas par rapport à la façon dont nos parents nous nourrissent puis nous finissons par reproduire les mêmes schémas en étant indépendant plus tard ou même avec nos enfants si nous en avons. Cependant vous dites “il est facile de cultiver la psychopathie chez nos enfants”, pourquoi ne serait- il pas facile aussi de faire le contraire? Il ne faut pas omettre aussi que l'élevage intensif par exemple est une grande source de profits économiques et que malheureusement dans une société capitaliste beaucoup de personnes mettent de côté l'éthique lorsque l’argent rentre en jeu. Pouvez vous apporter une définition de l’horloger aveugle? Je n'ai pas bien saisi ce que vous vouliez dire.

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    1. Camille, t'as pas lu la phrase qui venait après:

      « il est facile de cultiver la psychopathie chez nos enfants: on n’a qu’à leur dire le mensonge à l’effet que manger de la viande est nécessaire pour la survie et la santé,que puisque les animaux le font aussi sans remords, c’est la loi de la nature, et que de toute façon, les animaux sont élevés et abattus d’une façon « humanitaire » (faut juste éviter de consulterGoogle images «abattoirs») : On pourrait ainsi inculquer -- par exactement les mêmes moyens -- le goût pour le viol, la torture, l’esclavage, le génocide. Ou le dégoût. »

      L'Horloger aveugle

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    2. Merci pour votre réponse. Cependant j'avais bien lu l'entiereté de l'article et je ne comprends toujours pas pourquoi l'inverse ne serait pas facile? je comprends ce passage et je comprends ce que cela implique mais pourquoj l'inverse ne fonctionne pas?

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    3. Camille, relie le passage (avec les alinéa originales). J'ai dit que c'est aussi facile de cultiver le goût que de cultiver le dégoût!

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    4. Mais, Camille, qui a dit que de cultiver l'empathie chez nos enfants ne fonctionne pas? D'où provient ta question? J'ai lu le texte aussi et ce qui semble te rendre perplexe n'est affirmé nul part...

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  9. La lecture de Rousseau donne beaucoup d’exemples théoriques qui expliquent clairement que nous ne sommes pas des carnivores. Biologie, attraits physiques, maternité sont aux menus. Puisque que j’en étais assez convaincue, mon questionnement était plutôt pourquoi le saccage continu. C’est dans votre texte que s’y trouve les réponses. La gourmandise, l’ignorance, la culture, les mensonges sont quelques pistes de solutions. J’y ajouterais un manque de volonté. Nous n’allons pas googler "abattoirs"pour la bonne raison que nous préférons avoir la tête dans le sable. Le docteur Jean Jasques Kona Boun disait avec le ressenti que seulement arrêter de manger les animaux n’était pas suffisant. Qu’en est-il du ressenti de beaucoup d’autres humains ? Psychopathe peut-être, mais oui, comme vous le dites clairement des ignorants. Excellentes lectures j’ai beaucoup moi-même appris. L’éducation est définitivement une bonne solution.

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    1. Mélanie, oui, l'éducation, grâce à l'évolution paresseuse qui nous a implanté la capacité d'apprendre (par observation, imitation, essai/erreur/exposition, et langage) ainsi que les capacités miroirs.

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  10. Ma ciélo portera en premier lieu sur La Déclaration de Cambridge sur la conscience.
    C’est remarquable de voir comme les professionnels des neurosciences s’accordent pour dire qu’un nombre important d’espèces du règne animal possèdent les prérequis neuronaux à la sentience. Personnellement j’ai toujours cru intuitivement que les animaux avaient une conscience (la sentience). À la suite de la lecture de cette déclaration, je suis heureux de maintenant le savoir scientifiquement.

    En deuxième lieux j’ai une interrogation sur le texte Luxe, nécessité, souffrance : pourquoi je ne suis pas carnivore. Loin de moi l’idée de réduire la valeur des gestes posés pour l’avènement d’un monde où la douleur animale évitable serait enrayée, mais j’ai quelques questionnements sur le lexique employé. Psychopathie suppose l’idée d’un manque d’empathie, en est-il vraiment ou est-ce une question de la définition du groupe sujet à l’empathie ? Si une personne éprouve de l’empathie pour ses semblables, mais pas pour d’autres individus moins semblables, y a-t-il vraiment une psychopathie ?

    Le terme semblable est relatif à ce qu’un individu estime lui être semblable. S’estime-t-il semblable à l’ensemble du vivant ou réserve-t-il son empathie à un groupe plus restreint comme le genre humain, un clan familial, une couleur de peau, une nation ou même un mouvement politique ? En cas de guerre, les soldats peuvent réserver leur empathie à leurs frères d’armes tout en infligeant des traitements inhumains à leurs adversaires, adversaires qui sont vraisemblablement porteurs de la sentience. Qu’il s’agisse du produit d’une propagande haineuse raciste ou pour faire la guerre ou encore de construits sociaux qui réduisent la valeur du vivant comme dans le cas de la consommation de viande, tout cela me semble davantage d’ordre idéologique que pathologique.
    Sinon, est-il possible qu’une idéologie soit reconnue comme une pathologie ?

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    1. Rock, c’est tes neurones miroirs qui te l’avaient déjà signalé avant la Déclaration!

      Pour l’absence d’empathie je dirais que c’est plus souvent l’ignorance, et l’absence d’expérience avec les autres animaux (ou avec les autres races et ethnie.

      De toute façon, tu as dit que tu le savais déjà avant la déclaration, donc tes capacités miroirs sont intactes! Si tu manges toujours de la viande, c’est la dissonance cognitive, pas la psychopthie!

      Je crois que (pour prendre un autre exemple) le racisme n’est pas une idéologie. C’est un manque d’empathie. Je dirais que chez les soldats qui tuent leurs semblables de l’armée adverse sans remords, c’est effectivement une psychopathie acquise. Mais la grande proportion du syndrome de désordre post-traumatique chez les anciens combattants indique qu’ils vivent quand-même des conflits internes parce qu’ils ne sont pas des psychopathes.

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    2. Quand vous dites que mes neurones miroir m’avaient déjà signalé la sentience des animaux, est-ce que vous voulez dire qu’un effet miroir est observable par exemple entre les neurones d’un observateur humain et les neurones d’un animal observé ? Ou est-ce que ce sont les mêmes neurones habituellement miroir d’humain à humain qui inspire ou ressent l’empathie, mais qui seraient activé seulement chez l’observateur humain lors d’empathie interespèce ou lors d’anthropomorphisme ?

      « Pour l’absence d’empathie, je dirais que c’est plus souvent l’ignorance, et l’absence d’expérience avec les autres animaux (ou avec les autres races et ethnie. »

      Y à t-il de mauvaises idées qui sont supportées par autre chose que l’ignorance ou l’inexpérience ? Des idées comme les animaux ne souffrent pas, que de lancer une guerre peut être profitable ou qu’une personne d’une autre race est inférieur ou sans valeur.
      L’ignorance en suite abreuvée de ses mauvaises idées fait naitre la haine, l’indifférence et/ou l’intolérance qui à leur tour réduisent l’empathie en ver la cible des mauvaises idées ( fausse, exagérer ou préconçue ).
      L’ignorance ne serait pas si grave sans toutes les mauvaises idées qui la tapissent.

      Problème d’idées  ? Où est-ce que je fais erreur.
      Je ne crois pas que l’humain ait un pire ennemis que sa propre ignorance.

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    3. Rock, bonne réflexions. Je ne crois pas que j’ai une réponse à toutes.

      Je crois que l’empathie générée par nos capacités miroir est générique pour tout ce qui ressemble plus à notre progéniture et à nos proches plus qu’à nos prédateurs et nos compétiteurs.

      Le racisme (sexisme, spécisme) pourrait aussi provenir de la dissonance cognitive (souvent aussi appelé « la rationalisation ») où on cherche à justifier le conflit entre faire ce qu’on sait qu’il serait injuste ou mal, et faire ce qui répondrait plus à nos désirs égoïstes. Pour un psychopathe, ce n’est même pas une dissonance : il ne ressent que ses désirs égoïstes et ne réfléchit que sur les moyens pratiques de les réaliser.Cela serait très adaptatif s’il n’y avait pas les conflits et les contraintes sociaux – chez les espèces sociales. Les espèces non-sociales, qui s'accouplent et quittent, pondent et partent, qui mènent seul leurs barques, et n'ont d'interactions qu’avec leurs prédateurs et leurs proies, ne sont que des psychopathes chez lesquels l’empathie aurait été maladaptative. L’évolution paresseuse darwinienne ne s'attarderait à donner le goût pour le sucre ou pour l’altruisme qu’aux espèces pour lesquels ça serait adaptatif.

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  11. Ma première ciélo de cette semaine porte sur le texte : « Tirer l’homme de la classe des animaux carnassiers. Rousseau et les preuves scientifiques de notre nature végétale ». Dans son texte, Renan Larue parle de cinq preuves anatomiques qui suggèrent que l'être humain est naturellement conçu pour être frugivore, c'est-à-dire pour se nourrir de fruits et de plantes. Une de ces preuves fait référence à nos dents. Il dit que notre dentition est plus proche de celle des herbivores que des carnivores. Nous avons des dents plates, qui sont adaptées pour broyer les aliments à base de plantes, contrairement aux canines pointues des carnivores. Il y a aussi la mâchoire : notre mâchoire est conçue pour des mouvements de mastication, plutôt que pour des mouvements de déchirement comme chez les carnivores. Puis les intestins : notre système digestif est plus long que celui des carnivores, ce qui est adapté pour la digestion de ce qui est contenue dans les plantes. Les carnivores ont un système digestif plus court, car la viande est plus facile à digérer. Il parle également de l'acide gastrique, il dit que notre estomac produit moins d'acide chlorhydrique que celui des carnivores, ce qui est adapté pour la digestion des aliments à base de plantes. L'acide chlorhydrique est utilisé par les carnivores pour digérer la viande, qui est plus difficile à digérer que les plantes. Puis finalement, la 5e preuve anatomique qui suggère que l’humain est naturellement frugivore renvoie à nos mains, l’auteur explique que notre anatomie des mains est adaptée pour cueillir et manipuler les fruits et les légumes, car nous avons des mains avec des doigts mobiles, qui nous permettent de prendre et de transporter les aliments.

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    1. Taly, bon résumé, mais il y a malheureusement un élément de vœu pieux dans les conclusions de Renan Larue. Les humains sont des omnivores, avec deux options: herbivore ou carnivore. Dans notre passé nous avons eu recours au deux, mais pour les pays développés on peut être herbivore à 100%

      La dentition n'est pas un indicateur fiable. Regarde les dents des gorilles qui sont complètement herbivore (sauf quelques insectes): https://freefromharm.org/photo-galleries/9-reasons-your-canine-teeth-dont-make-you-a-meat-eater/

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  12. Ma deuxième ciélo porte sur le texte « Luxe, nécessité, souffrance : Pourquoi je ne suis pas carnivore ». Dans ce texte, Stevan Harnad explique les raisons pour lesquelles il a choisi de ne pas manger de viande et pourquoi il pense que le végétarisme est la voie à suivre pour une alimentation plus éthique, et pour ne pas être un psychopathe. Il explique que la psychopathie renvoie au fait de ne pas être déranger par la souffrance d’autrui et qu’à la base nos gènes sont égoïstes car tout ce qui compte c’est la survie, la reproduction et la compétition. Il suggère aussi que le fait de favoriser nos proches peut être considéré comme une forme d'empathie ou de compassion, même si cette motivation est également liée à la survie et à la reproduction. Harnad défend l'idée que le végétarisme est un choix éthique qui tient compte des souffrances infligées aux animaux d'élevage, ainsi que des conséquences environnementales de l'industrie de la viande. Il explique les différents arguments souvent avancés en faveur de la consommation de viande, tels que la tradition, la nutrition ou le plaisir gustatif. Il conteste ensuite chacun de ces arguments, en soulignant les problèmes éthiques liés à l'exploitation animale, les conséquences environnementales néfastes de l'industrie de la viande et les risques pour la santé liés à une consommation excessive de viande. Maintenant, je ne sais pas si j’ai mal compris la partie en lien avec la culture et les traditions, mais je me demande, dans une mesure où nous prenons en compte le ressenti d’un animal quand il est abattu comme en islam avec la pratique halal, est-ce que cela ne compte pas ? Serions-nous alors toujours psychopathe si nous ne sommes pas végétaliens ?

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    1. Taly, s'il n'est pas nécessaire à la survie ou à la santé d'abattre les animaux, qu'est-ce qui justifie de les abattre? Et même si abattre sans nécessité était justifiable, ça sera surement pas par l'égorgement sans étourdissement qui est l'abattage rituel halal et cachère. (Non, Taly, ce n'est que la dissonance cognitive qui donne crédibilité à des rationalisations pareilles.)

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  13. Phillipe Descola définit l’ontologie Naturaliste en opposition à l’Animisme : L’Animisme serait la croyance que tous les êtres (humains inclus) partagent les mêmes intériorités (ressentit) mais des extériorités (corps) différents. L’ontologie naturaliste, qui définit les cosmovisions occidentales jusqu’à ce jour, affirme une différence d’intériorité entre les êtres humains et les autres êtres vivants, mais une ressemblance d’extériorité (nos corps se composent des mêmes éléments ex : muscles, molécules, protéines ect…). Ce débat qui prit naissance au 18em siècle fut central dans le développement des sciences et philosophies occidentales, l’Homme serait unique et se distinguerai des autres êtres vivants pars ses états mentaux (conscience, âme, intériorité…ect : Ressentit). Ces croyances amenèrent les outils justificatifs nécessaire à la colonisation en doutant de l’humanité des peuples autochtones (conférence de Valladolid) et en les considérant comme non-humain, des animaux sans âmes. Cet héritage conceptuel teinte fortement les réflexions philosophiques et le développement des sciences occidentales. L’obsession philosophique de l’aspect unique de l’être humain (et donc supérieur) laissa peu de place à la question de l’intériorité des animaux : celle-ci fut l’objet de peu de recherche et il sera communément accepté que les animaux ne possèdent pas le ressentit (donc, pouvaient être exploités); ils furent mêmes considérés par certains comme de simples automates. L’ontologie naturaliste couplé au développement du capitalisme et de l’industrialisation sont les précurseurs de l’élevage intensif tel que nous le connaissons à notre époque : les intérêts économiques ainsi que les présupposés anthropologique naturalistes justifient l’exploitation et la souffrance des animaux. Cependant, les recherches contemporaines tendent de plus en plus à affirmer que les animaux possèdent les mêmes corrélats associés au ressentit chez les êtres humains. Nous ne pouvons pas prouver que les animaux possèdent le ressentit (pb difficile) mais nous pouvons l’Inférer à partir de ces corrélats et de l’étude comportementale ; il serait alors Très probable que les animaux possèdent une forme de ressentit.

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  14. Ma cielo pour cette semaine porte sur l'article Harnad, S (2014) Luxe, nécessité, souffrance. Québec Humaniste

    “si vous mangez de la viande, ce n’est certes pas parce que la viande est nécessaire pour votre survie, ni pour votre santé: c’est pour atteindre un but qui est à votre goût, peu importe la misère gratuite induite à d’autres êtres vivants, souffrants.”
    “Je crois que c’est plus une question de culture que de culte ou de calcul: il est facile de cultiver la psychopathie chez nos enfants: on n’a qu’à leur dire le mensonge à l’effet que manger de la viande est nécessaire pour la survie et la santé, Le porc est un animal très intelligent et très sociable. Ces deux facultés sont brimées dans l’élevage industriel. “

    Le concept de dissonance cognitive a été proposé pr Leon Festinger en 1957 et a beaucoup influencé le domaine de la cognition sociale. Le phénomène peut être décrit par une sensation déplaisante éprouvée lorsque nos cognitions (attitudes et croyances) et actions diffèrent. Pour garder la cohérence entre croyances et actions, les sujets peuvent nier ou oublier leurs actions. Quand vous (Etienne) parlez de psychopathe dans le texte, faites-vous référence à ce phénomène spécifiquement?
    Je m'intéresse au phénomène car nous vivons dans une époque ou les fake news et la désinformation ont dominé l'éphémère de la communication grâce à l’usage qui font les réseaux sociaux des algorithmes qui tendent à distribuer du contenu créé par ses usagers de façon biaisé, avec le but de confirmer leur croyances et de ne pas les exposer à des points de vues multiples. Nous vivons une véritable crise de la vérité qui a des conséquences catastrophiques pour les sociétés contemporaines comme la montée de mouvements politiques d'extrême droite avec l'ascension au pouvoir de leaders nocifs aux sociétés et à l'environnement.
    Cette dissonance cognitive ne serait-elle, historiquement, une capacité de survie de l'espèce humaine (théories évolutionnistes) qu’aujourd’hui, dans l’état avancé du système capitaliste dans lequel nous vivons, peut être considéré comme une psychopathie, vues les conséquences atroces que cela cause à notre planète et aux êtres vivants en général?

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    1. Rafael, observations astucieuses.

      Je crois qu'en ce qui concerne les 3 vérités pertinentes à la souffrance des animaux de consommation humaine (1 : Pas causer souffrance sans nécessité; 2 : Non-nécessité à la survie/santé humaine; 3 : Souffrance monstrueuse des victimes) c’est toujours davantage de l’ignorance et de la dissonance cognitive plutôt que la psychopathie. C’est pour ça que je prône les caméras de surveillance 24/7 avec web-streaming et crowdsourcing pour l'inspection citoyenne partout où les victimes sont élevées, transportées, et abattues – et une taxe progressive sur toutes les productions, ventes et achats des produits animal, avec le rabais pour la production, vente et achat des produits alternatifs. C’est pour donner un moyen aux grand publique de soulager la conscience sans nécessité de tordre la vérité.

      Ça n’aurait aucun effet sur les psychopathes sauf si ça réussit, et les produits animaux deviennent progressivement plus repoussants et de moins en moins abordables, à fur et à mesure que les produits alternatifs deviennent de plus en plus accessibles et attrayants.

      En ce qui concerne la désinformation qui s’explose partout, ça devient une cyber-compétition entre les algorithmes de création/dissémination et les algorithmes qui détectent les fausses informations et les malfaiteurs. C’est les psychopathes qui créent et exploitent.

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  15. Ciélographie 1/2 – Résumé de Larue

    Pour les ciélographies de cette semaine, j’ai choisi de faire la lecture de l’article de Larue (2019), « Tirer l’homme de la classe des animaux carnassiers ». Dans cet article, Larue s’appuie sur les arguments du philosophe Jean-Jacques Rousseau (XVIIIe siècle) pour soutenir l’idée selon laquelle la diète naturelle des êtres humains serait végétarienne. L’argumentaire de Rousseau, tel que présenté par Larue, s’appuie notamment sur :

    1) La chimie végétarienne
    2) Les cinq preuves anatomiques de la nature frugivore des humains

    La principale preuve chimique de la nature végétarienne de l’humain qu’apporte Rousseau se trouve dans la composition chimique et la qualité du lait chez les humains et les autres mammifères. Rousseau soutient grâce à la chimie que le lait – qui fait habituellement partie d’un régime végétarien – et les substances végétales sont identiques, notamment puisque tous deux deviennent acides plutôt que basiques (comme le font les substances animales) en se décomposant. De plus, la fermentation de la viande, qui rend celle-ci basique, tend à attirer les parasites, chose que ne fait pas la fermentation végétale. Ceci s’observe également au niveau du lait, tant chez les animaux herbivores que chez les humains; en effet, Rousseau note que le lait d’herbivore se conserve généralement mieux, et les enfants nourris par des femmes qui consomment davantage de viande sont plus sujets aux coliques et aux vers que ceux nourris par des femmes dont la diète tend davantage vers le végétarisme. Il observe également que les femelles de certaines espèces carnivores font une entorse à leur diète habituelle pour consommer des plantes lorsqu’elles allaitent.

    En ce qui concerne les preuves anatomiques de la nature frugivore (ou végétarienne) des humains, elles sont, en résumé, les suivantes :

    1) La dentition et les ongles : les humains, comme les animaux herbivores, ont des dents plates (les molaires). Nous ne sommes également pas dotés de griffes acérées comme le sont les félins ou les ours, par exemple.
    2) Le système digestif : le système digestif humain ressemble davantage à celui des animaux herbivores qu’à celui des carnivores, notamment en raison de sa longueur et de la présence d’un côlon, qui favorisent la digestion de substances végétales.
    3) L’existence de groupes humains végétariens : les humains de certaines cultures et religions évitent totalement la consommation de chair, et ceci ne semble pas affecter de façon négative leur santé.
    4) Le nombre d’enfants des humains : comme chez les femelles d’espèces herbivores, il est très rare pour les humaines de porter plus d’un enfant à la fois. Ceci serait confirmé anatomiquement par le nombre de mamelles – de six à huit chez les femelles carnivores, et de deux chez les herbivores et les humaines.
    5) La diète des pongos (grands primates) : Rousseau observe que la diète des pongos (aujourd’hui appelés orang-outans, je pense), est entièrement végétarienne.

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    1. Adèle, bon résumé. Voir mes répliques sur les mêmes points à Diana et Taly.

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  16. Ciélographie 2/2
    La lecture des textes de Larue (2019) et d’Harnad (2014) m’a incitée à me poser la question suivante :

    Les êtres humains étaient-ils, à l’origine, végétariens ou omnivores?

    Il me semble clair, surtout lorsqu’on examine notre anatomie, que nous, les humains, ne sommes pas des animaux carnivores. Nous n’avons pas une bouche remplie de dents acérées ni de griffes. Notre système digestif témoigne d’une capacité naturelle à digérer les aliments végétaux. En général, je trouve que nous semblons être davantage herbivores que carnivores, du moins sur le plan anatomique. Cependant, contrairement aux animaux entièrement herbivores, nous possédons des canines et notre appendice, autrefois utilisé pour la digestion de matières végétales, a été (du moins d’après mes connaissances) réduit à l’état d’organe vestigial qui n’est plus nécessaire à notre survie – je peux supposer que cette atrophie de l’appendice est survenue après plusieurs millénaires de consommation de viande. L’évolution rapide du cerveau humain est aussi souvent attribuée à notre consommation de viande cuite.

    Étions-nous, au départ, des animaux herbivores qui ont évolué vers l’omnivorité afin de pouvoir survivre à un quelconque événement ayant réduit l’accès aux plantes dans notre environnement ancestral? Si tel est le cas, devrions-nous nous considérer herbivores ou omnivores?

    L’introduction de viande cuite dans notre diète pourrait-elle être à l’origine de notre tendance naturelle à l’adaptabilité et à l’apprentissage, étant donné que l’on considère celle-ci comme le principal catalyseur de l’évolution rapide du cerveau humain?
    De plus, Harnad (2014) semble suggérer que la consommation de viande n’est aujourd’hui plus nécessaire pour la plupart des gens (ou, du moins, ceux en mesure – géographiquement, financièrement, etc. - d’avoir accès à une diète végétarienne ou végétalienne équilibrée). Pour ceux qui pourraient se permettre d’être végétariens ou végétaliens, la consommation de viande relèverait de la gourmandise, voire de la psychopathie, étant donné l’absence d’une réelle nécessité de consommer la chair d’un être que nous savons sentient.

    Cependant, si mes suppositions concernant le manque de produits végétaux dans notre environnement ancestral à un certain moment de notre histoire et la contribution importante de la consommation de viande à l’évolution du cerveau humain sont correctes, serait-il possible de dire, paradoxalement, que sans notre consommation de viande (bien qu’elle ne soit plus strictement nécessaire aujourd’hui) nous n’aurions pas pu développer les capacités cognitives nécessaires à la détection et à la compréhension du ressenti chez des animaux d’autres espèces? Ou, au contraire, étions-nous déjà suffisamment sociables, intelligents et empathiques avant l’introduction de viande dans notre diète pour comprendre la souffrance que nous infligerions à d’autres animaux sentients si nous les mangions (d’où l’émergence de l’omnivorité humaine par simple nécessité)?

    (Je ne sais pas si cela a du sens)

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    1. Adèle, tes questions ont beaucoup de sens, et font preuve de beaucoup de réflexion.

      Pour la plupart je n'ai malheureusement pas de réponses, juste des Etienne-dictons. C'est sûr que nous ne sommes pas des herbivores comme les bovins et les éléphants (mes cousins) qui sont les animaux brouteurs. Nous sommes des omnivores facultatifs (descendus d’insectivores). On a le choix. Oui, pendant notre évolution c’était adpatatif d’avoir les deux options, et il y en a que disent que cela a accéléré l’évolution de nos cerveaux. Mais nous sommes rendus là. On est déjà en mesure de faire la cultivation des plantes, de visiter la lune, d’inventer les ordinateurs (et les bombes). On peut faire le choix entre les deux modes d’alimentation et ça ne fera dévoluer nos cerveaux mais ça fera dissoudre nos dissonances cognitives – et mettre fin à des agonies indescriptibles.

      Et avant de tirer trop de conclusions à partir de nos petites canines, va voir celles de nos autres cousins, les gorilles, qui sont à presque 100% végétaliens. C’est pour arracher les fruits et légumes et surtout les racines. Les porcs (omnivores) le font aussi, ainsi que les éléphants (herbivores). Leurs défenses servent à ça, ainsi qu’à la compétition.

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  17. Comme c’est un sujet qui importe particulièrement pour moi, j’ai fini par me permettre une ou deux longues ciélos...


    Comme rapporté dans le texte de l’INRAE et la déclaration de Cambridge sur la conscience animale, l’état des connaissances actuelles ne laisse place à aucun doute *raisonnable* sur le fait que les autres animaux ont des formes de ressenti analogues aux nôtres. La physiologie et la façon dont sont organisés les cerveaux de différentes espèces varie grandement, mais la présence de structures neuronales ainsi que de processus cognitifs et de comportements qui sont corrélés avec le ressenti chez les humains nous permettent d’inférer avec très haute probabilité que beaucoup d’espèces ont «tout ce qu’il faut» pour avoir cette faculté fascinante. Le ressenti ou les formes d’expériences conscientes doivent varier immensément selon les espèces (voire même un peu selon les individus), ce qui dépasse l’imagination d’autant plus lorsqu’on s’éloigne sur l’arbre phylogénétique. Intuitivement, et grâce aux capacités miroirs, on peut dans une certaine mesure s’imaginer dans la peau d’un chimpanzé, voire d’un chat ou un chien. Beaucoup plus difficile de s’imaginer à quoi ça ressemble d’être une poule, un poisson, une fourmi. Je trouve cependant l’exercice essentiel, malgré le problème des autres esprits et aussi notre tendance inévitable à projeter notre propre ressenti sur les animaux pour interpréter leurs comportements.

    Ainsi, la mise en garde contre une telle tendance (d’anthropomorphisme) a toujours été très présente dans la science en lien avec l’étude du comportement animal. Le canon de Morgan, ou le principe de parcimonie, exemplifie cette attitude : il s’agit d’éviter de postuler des capacités complexes ou ‘’supérieures’’, là où il serait possible d’expliquer un comportement avec un mécanisme simple. Est-ce que c’est une des raisons pourquoi les chercheurs évitent la question du ressenti, même les auteurs de ces études inclus dans le rapport de l’INRAE ? Il y a en effet un risque que les aprioris et les attentes ‘’optimistes’’ influencent les résultats, et que les interprétations exagérées (comme pour la possibilité de l’apprentissage du langage chez les singes, par exemple) mettent à mal le principe d’objectivité. Mais je trouve que l’inverse est aussi vrai, et beaucoup plus dommageable en pratique. Nous avons tous grandi dans une culture qui diminue énormément les animaux, sous-estimant leurs capacités et en nous mettant d’innombrables stéréotypes infondés en tête à leurs sujet (qu’ils sont stupides, n’ont pas d’émotions comme nous, agissent par l’instinct, ne vivent que dans le présent, n’ont pas de mémoire, que certains ne ressentent rien, etc.) et les scientifiques n’en sont pas forcément immunisés. Supposer systématiquement des mécanismes simples pour expliquer leurs comportements peut être réducteur et devenir un biais, et je pense que c’est plus grave au final de sous-estimer qui sont les animaux que de les sur-estimer légèrement. L’objectivité parfaite dans ce domaine semble impossible, et l’anthropomorphisme inévitable ; donc il me semble que viser un anthropomorphisme critique (expression empruntée au primatologue Frans de Waal), utiliser nos capacités miroirs tout en étant vigilants, est un outil valable pour faire des inférences raisonnables sur le comportement des animaux.

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    1. Margo, je sais que tu ne souhaites pas être, ni être considérée, comme étant quelqu’un d’exceptionnel : La seule aspiration, et le seul espoir pour les victimes, est que les humains humaines comme toi soient la norme et pas l’exception.

      « faculté fascinante » (le ressenti) »

      Fascinante mais tragique. On aurait souhaité que tous les êtres vivants soient insentients comme les plantes ou les pierres plutôt que d’être voués à subir les agonies anthropiques leur infligées par les humains.

      « difficile de s’imaginer à quoi ça ressemble d’être une poule, un poisson, une fourmi »

      Une poule je trouve facile à imaginer; un poisson, avec un peu d’observation facle aussi; je me doute que ce serait idem pour les fourmis si je me familiarisais. Avec les méduses, par exemple, ça devient un défi…

      « notre propre ressenti sur les animaux pour interpréter leurs comportements »

      C’est le miroitage.

      « Le canon de Morgan » « un mécanisme simple »

      Avec les vertébrés, au moins, c’est beaucoup plus compliqué d’ignorer l’évidence.

      « les attentes ‘’optimistes’’ »

      Oui, on se trompe parfois, avec les surinterprétations. Mais à la longue l’évolution paresseuse à raison : nos neurones miroirs nous trompent beaucoup moins qu’ils allument (et informent).

      « langage chez les singes »

      Oui, ça s’était de la surinterprétation – mais pas concernant le ressenti : concernant la compréhension (et la production) langagières, donc la cognition.

      « l’inverse est beaucoup plus dommageable en pratique »

      Oui. Voir le principe de la précaution (Birch, J. (2017). Animal sentience and the precautionary principle. Animal Sentience, 2(16), 1.

      Et c’est pour ça que le problème des autres esprits n’est pas le problème du théoricien/ philosophe ou du juge mais le problème de l’autre esprit, lorsqu’on ignore sa souffrance pour respecter le canon de Morgan

      « On nous raconte « qu’ils sont stupides, n’ont pas d’émotions comme nous, agissent par l’instinct, ne vivent que dans le présent, n’ont pas de mémoire, que certains ne ressentent rien, etc. -- et les scientifiques n’en sont pas forcément immunisés. »

      Oui, ce sont des mendacités de La Palice. Faut y ajouter celle (dévoilée par Bentham) selon laquelle il faut pouvoir réussir un test de QI pour démontrer la capacité de souffrir.

      « c’est plus grave au final de sous-estimer qui sont les animaux que de les sur-estimer »

      Encore une fois le principe de la précaution (et le canon clément de Bentham).

      « l’anthropomorphisme inévitable »

      Et majoritairement fiable.

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  18. Dans la recherche d’une objectivité totale, les expériences semblent organisées de façon à ce que les animaux soient étudiés comme ‘’objets’’ et non comme ‘’sujets’’ ayant un ressenti avec lesquels on peut interagir, par exemple. En voulant contrôler toutes les variables, on les isole dans des laboratoires, dans des conditions qui n’ont rien à voir avec leur milieu naturel. Mais cela n’influence-t-il pas les résultats? Si on étudie un oiseau élevé dans des conditions où il ne peut pas exprimer ses tendances naturelles comme voler, socialiser, explorer son territoire etc, on peut présumer que ses capacités cognitives ne seront pas au ‘’plein potentiel’’, et certains concluraient que cet oiseau n’est pas si intelligent. J’ai l’impression que c’est un problème particulièrement présent pour les animaux dits «de ferme» (les poules, les cochons, les vaches,…), qui sont tout d’abord très peu étudiés. Mais il y a aussi très peu d’endroits où les individus de ces espèces peuvent grandir, durant toute une vie, dans des conditions qui leur permettent de développer toutes leurs capacités potentielles. En effet, ils sont la plupart du temps élevés en confinement, séparés de leurs familles; contraints dans leurs mouvements, stressés, violentés et tués à un très jeune âge. Mais dans de telles conditions, les capacités cognitives de n’importe qui seraient altérées.

    Dans un refuge pour animaux où j’ai travaillé, plusieurs ont été rescapés des élevages ou de la route vers un abattoir. On pouvait constater un décalage incroyable dans les comportements de plusieurs entre le moment où ils étaient arrivés et quelques semaines, mois et années plus tard. Beaucoup étaient apeurés ou apathiques au départ, mais grâce à des conditions favorables où ils étaient traités comme des individus et non pas des objets sans ressenti, leurs personnalités ont évolué de façons diverses et intéressantes. En simplifiant, c’est comme-ci ils étaient devenus beaucoup plus ‘’intelligents’’. Je suis persuadée que si on étudiait un même individu au début, sortant d’un élevage, et plus tard dans un refuge, on aurait des résultats sensiblement différents. Jane Goodall a déjà fait sa contribution à l’éthologie en partant étudier les chimpanzés dans leur environnement, et prenant en compte les personnalités des individus et leurs communautés, ce qui était (et est encore dans le cas des animaux de ferme et plusieurs autres) plutôt à contre-courant, mais ça a permis d’en apprendre énormément sur eux (malgré les critiques et l’accusation d’anthropomorphisme). Il est possible de s’en inspirer pour mener des recherches non-invasives de ce genre sur les animaux les plus sous-estimés dans nos sociétés, en commençant par multiplier les refuges et les espaces de liberté, et dans l’espoir que les préjugés négatifs sur ces animaux soient, peut-être un jour, déboulonnés pour de bon.


    (Bien qu'évidemment, l'existence de leur ressenti en soi devrait être suffisant pour exiger des changements radicaux dans nos traitements envers eux...)

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    1. Inévitablement, on fait face à l’existence de vertigineux problèmes éthiques une fois qu’on considère les animaux pour **qui** ils sont vraiment, prenant en compte l’existence de leur ressenti et les intérêts fondamentaux à vivre et à ne pas souffrir qui en découlent.

      Il y a eu tellement de découvertes fascinantes et ‘’ground-breaking’’ en cognition animale (ainsi qu’en éthologie) et sans doute ce n’est que la pointe de l’iceberg. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Mais l’opinion publique est encore si éloignée de tout ça, d’où l’importance de diffuser ces connaissances au grand public. Je pense qu’apprendre à connaître mieux les animaux contribuera à atténuer les intuitions spécistes et carnistes qui rendent les gens résistants au changement.

      De fait, il y a un clivage entre l’opinion publique et l’avis des spécialistes en éthique et philosophie morale qui s’intéressent aux questions concernant nos relations avec les animaux. Le fait que l’exploitation animale représente un problème moral important fait (sans surprise) consensus dans le domaine. Voir la Déclaration de Montréal sur l’exploitation animale (2022) à ce sujet.

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    2. Margo, tu écris :

      « on les isole dans des laboratoires, dans des conditions qui n’ont rien à voir avec leur milieu naturel. Mais cela n’influence-t-il pas les résultats? »

      Certes leurs résultats dans les expériences sur la cognition. Mais pour les expériences sur le cancer et l’immunologie, c’est plus compliqué, voir tragique. Car même lorsqu’on élimine les 95% de la recherche animale qui (comme 95% de toute recherche) est inutile – du carriérisme, de la curiosité, de l’incompétence – il reste encore la recherche qui peut sauvez les vies et guérir des maladies. Et avant d’attendre à ce que les humains r soient prêt à renoncer ça, est-ce qu’on ne devra pas les convaincre à renoncer l’infliction des souffrances n’ayant aucune justification de nécessité pour la survie ou la santé humaine, comme la consommation de la viande, du poisson, des ovoproduits et des produits laitiers?

      Ça ne veut pas dire qu’on ne doit pas militer pour rendre moins misérables les conditions de vie des animaux sacrifiés aux intérêts vitaux des humains, ainsi que pour la cessation du 95% qui est inutile.

      « capacités cognitives ne seront pas au ‘’plein potentiel’’, et certains concluraient que cet oiseau n’est pas si intelligent »

      L’intelligence aviaire est extraordinaire; les corvidés sont des petits génies, réputés d’être presqu’à la hauteur des mammifères les plus intelligents comme les grands singes dans certaines tâches. Mais la capacité cognitive des poules n’est pas négligeable non plus! : Marino, Lori. "Thinking chickens: a review of cognition, emotion, and behavior in the domestic chicken." Animal cognition 20.2 (2017): 127-147.

      « Mais dans de telles conditions, les capacités cognitives de n’importe qui seraient altérées »

      Oui, les conditions de vie dans le labo, tant que dans les usines d’élevage, sont monstrueuses et impardonnables. C’est pour ça qu’il faut les caméras de surveillance et la diffusion des preuves en directe sur Internet pour le crowdsourcing et les signalement des abus par le grand public.

      « des recherches non-invasives »

      Hélas même la partie minimale de la recherche animale qui sauve les vies et guérit les maladies est de sa nature majoritairement invasive – bien qu’on peut chercher les alternatifs où c’est possible.

      « l'existence de leur ressenti en soi devrait être suffisant »

      Oui, c’est certain qu’il est honteux d’exiger des scores sur les test cognitifs pour mériter la clémence, face aux évidences à nos neurones miroirs.

      « Il y a eu tellement de découvertes fascinantes et ‘’ground-breaking’’ en cognition animale (ainsi qu’en éthologie) et sans doute ce n’est que la pointe de l’iceberg »

      C’est sûr, et c’est bienvenu que ce n’est pas aux frais de « breaker » les animaux pour ces découvertes fascinantes.

      « l’opinion publique est encore si éloignée de tout ça, d’où l’importance de diffuser ces connaissances au grand public »

      Oui, diffusons les preuves de leur remarquable intelligence, appariées avec les preuves de leur indicibles souffrances en élevage, transport et abattage.

      « l’exploitation animale représente un problème moral important fait (sans surprise) consensus dans le domaine. Voir la Déclaration de Montréal sur l’exploitation animale »

      Croissant, oui, mais loin encore de faire consensus. Une énorme tâche de sensibilisation reste à faire.

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  19. J'ai lu le texte sur Rousseau, qui argumente que l'être humain est naturellement végétarien, mais je n'y ait pas trouvé beaucoup d'intérêt. Quelle importance que l'être humain soit naturellement légèrement mieux adapté à la consommation de fruits et légumes qu'à celle de viande (idem pour le contraire).

    Nous avons la possibilité de consommer des produits provenant des animaux ou de ne pas le faire. Les deux catégories d'aliments peuvent chacune répondre de manière très satisfaisante à nos besoins alimentaires. Une seule d'entre elles cause une quantité vertigineuse de souffrance à des êtres sensibles et c'est l'argument principal sur lequel doit s'appuyer l'éthique végane. Le fait que des reliques évolutives puisse nous donner des raisons égocentriques de préférer des aliments un peu meilleurs pour notre santé n'a presque aucun pouvoir prescriptif : il est difficile de critiquer le fait de ne pas chercher à maximiser notre santé en toutes circonstances. Et si, d'aventure, des études scientifiques révélaient que nos ancêtres étaient presque exclusivement carnivores et que notre système digestif était remarquablement bien adapté à la consommation de viande, les fondements éthiques du véganisme perdrait-ils en légitimité? Absolument pas.

    En bref, si l'alimentation végane est meilleure pour la santé c'est un plus, mais ce n'est pas ce qui importe véritablement. Il me semble qu'on n'est qu'à un pas de tomber dans un sophisme naturaliste en s'en servant comme raison de ne pas consommer de viande.

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  20. Partie 1:L’homme est une espèce extrêmement spéciste, même si la plupart du temps les gens n’en ont pas conscience. Les humains accordent sans problèmes une conscience aux autres membres de l’espèce avec comme prétexte la ressemblance qu’ils ont avec eux. Pourtant ils, se mettent la tête dans le sable lorsqu’il vient le temps d’accorder du ressentie aux autres espèces animales. Je pense qu’il y a un sentiment toxique de supériorité associé à l’orgueil humain. Après tout, qui pourrait être supérieur aux humains? Pourtant la science nous fournit des preuves qui vont dans le sens contraire. Les animaux possèdent des nocicepteurs, c’est-à-dire, des récepteurs de douleurs comme les humains le font. Ils répondent également aux stimuli d’une façon similaire à celle des humains. Alors, qu’est-ce qui pousse tant de gens à nier le ressentie des autres espèces. Est-ce le fait qu’ils n’ont pas de langage comme nous alors, forcément, ils ne sont pas assez intelligents pour avoir le ressentie. Pourtant de nombreuses études montrent que les animaux ont une intelligence extrêmement développée. Alors ne serait-ce que parce qu’ils ne sont pas en mesure de communiquer avec nous. Mais alors, comment pouvons-nous attribuer un ressentie aux humains qui ne partagent pas une langue commune. Ne serait-il pas alors impossible également de leur accorder un ressentie puisqu’ils ne sont pas en mesure de nous le communiquer. D’ailleurs, certains animaux pourraient être considérés comme plus intelligents que des humains. On pense notamment aux animaux nés avec une déficience intellectuelle. Alors ces humains sont-ils dépourvus de ressentie ou moins important que les autres espèces plus intelligentes? Les humains sont répugnés à l’idée de manger des membres de la même espèce. Cela a du sens d’un point de vue évolutif, car l’on ne voudrait pas manger notre progéniture et par conséquent empêcher la propagation de nos gènes. Mais quand est-il des autres animaux? Dans l’histoire, les hommes ont désigné des espèces pour servies des rôles spécifiques. Par exemple, les vaches ont été désignées arbitrairement pour servir à la production de lait et de viande. Mais qui en a décidé ainsi? En fait, d’un point de vue biologique, l’homme n’est pas fait pour manger de la viande. L’anatomie humaine est beaucoup plus proche des espèces frugivores que carnivore ou même omnivore. Si l’on prend par exemple le système digestif humain, l’homme est doté d’un long intestin avec un colon alors que ce schéma n’est observé chez aucun carnivore. À l’inverse, il se retrouve chez les frugivores et les herbivores. L’intestin court chez les carnivores permet de raccourcir le temps de cheminement de la nourriture dans celui-ci afin d’éviter que la viande ne développe des bactéries ou vers pouvant compromettre la santé de l’animal. Tandis qu’un tractus gastrique plus long comme chez les humains permet au corps d’absorber le plus de nutriments possible en dégradant proprement la nourriture sur une plus longue période. Ensuite, si l’on regarde la dentition humaine, l’outil principal pour la nutrition, elle se reproche, encore une fois, davantage de celle des animaux frugivore ou herbivore avec la dentition plate en arrière pour la mastication des plantes et les incisives tranchantes à l’avant pour couper l’herbe ou les fruits. En outre, plusieurs autres faits anatomiques éloignent l’homme du régime carnivore. On pense notamment à la manière utilisée pour tuer et se nourrir. Les humains ont besoin d’outils pour tuer leurs proies, car leurs ongles ne sont pas assez pointus et solides pour déchirer la peau et la chair de proies. De plus, l’homme n’est pas en mesure de consommer la viande sans la faire cuire au préalable sans quoi il sera malade.

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    1. Alex, voir les autres répliques sur le voeux pieux.

      Ne pas confondre les capacité et le ressenti.

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  21. Partie 2:Selon les croyances populaires, les humains doivent se nourrir de viande sinon ils tomberont malades. Pourtant de nombreuses personnes vivent leurs vies sans le moindre problème sur un régime végétalien (sans aucun produit animal). À l’inverse, un régime composé uniquement de viande n’est pas viable. En fait, la réalité est complètement à l’opposé de la croyance populaire. Une diète végétalienne peut s’avérer bien plus santé qu’une diète avec de la viande et autres produits animaliers. De nombreuses études en témoignent. La consommation de viande, d’œufs et de produits laitiers est associée avec un plus grand risque de maladie cardiovasculaire et de cancers. Historiquement, le Japon était un pays qui ne consommait pas de viande. Toutefois, avec le développement et la mondialisation, la viande est devenue une partie de leur diète et avec ses changements, les Japonais ont vu le nombre de maladie cardiovasculaire et de cancers enregistrés augmenter drastiquement. Les produits laitiers sont une autre aberration de notre diète. Le lait à la base est censé être un sérum de croissance. Il sert à donner au nourrisson des nutriments et des anticorps en grande quantité afin qu’il soit en mesure de croitre rapidement dans les premiers mois de sa vie. Étrangement, l’homme est la seule espèce à continuer d’en consommer toute sa vie. De plus, l’homme est la seule espèce mammifère à consommer le lait d’une autre espèce. Le lait à une composition extrêmement changeant et qui est spécialement élaboré pour donner les nutriments nécessaires aux nourrissons de la même espèce. Pourtant, l’homme ne fait pas seulement consommer le lait d’une autre espèce toute sa vie, mais en plus il est répugné à l’idée de consommer le lait de sa propre espèce passé l’âge du sevrage. Toutes ces croyances et habitudes sont véhiculées par les médias sociaux et le gouvernement avec l’appui financier des grandes entreprises d’élevage et de production laitière. En fait, en raison de la pression des entreprises laitières, les produits laitiers ont longtemps fait partie du guide alimentaire. Pourtant les produits laitiers ne sont pas bons pour la santé d’un être humain qui n’est plus un bébé.
    Pour moi, la souffrance animale infligée chaque seconde à travers la terre témoigne de la grande hypocrisie de chaque humain. Les gens se disent incapables d’abandonner les produits animaux à cause du bon gout ou parce qu’ils se disent qu’ils développeraient des carences. Pourtant tous les faits sont là, mais ils préfèrent se mettre la tête dans le sable et les ignorer pour se complaire dans ce qu’ils sont habitués et connaissent déjà. Tous les jours, les humains font preuve d’hypocrisie et de spécisme. Ils adoptent des chats ou des chiens parce qu’ils se disent amoureux des animaux, mais contribuent au meurtre de beaucoup trop d’autres espèces. Et gare à qui pourrait causer de la souffrance à une des espèces jugées comme digne d’être à nos côtés, parce qu’une foule de gens en colère leur fera face. Pourtant presque personne ne s’indigne face à la quantité incalculable de souffrance qui sévit dans les élevages et les abattoirs.

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    1. Alex, mais comment sensibiliser les humains à la souffrance animale en les traitant d'hypocrites? Je comprends et partage ta déception et ta frustration. Mais les animaux sont perdus si on ne trouve pas une façon d'inspirer l'empathie et la clémence. La vaste majorité des humains est décente mais ignorante concernant les horreurs infligées à chaque moment aux animaux non humains par les humains. IIl faut s'adresser à leurs neurones miroirs. l faut ouvrir leurs coeurs.

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  22. Partie 3:Les gens ont de la facilité avec ce qui leur est commun et ce qui est considéré comme socialement acceptable. Ils sont au contraire réticents et adoptent même parfois un dégout envers ce qui est différent et ce qui sort du moule du citoyen « normal ». L’humain est une espèce sociale et elle recherche l’approbation de leur paire. La plupart du temps, la différence cause un rejet de la part des autres, voire une haine et entraine un sentiment d’isolement chez ces personnes. Le régime végétarien, végétalien ou la philosophie végane n’y font pas exception. Nous sommes considérés par la société comme étant différents et cela cause un certain isolement. Les activités sociales ou les voyages peuvent comporter des difficultés et des frustrations que les autres ne connaissent pas. La société dit souvent des véganes qu’ils sont « preachy » et qu’il devrait laisser les autres tranquille. Pourtant, ces gens qui sont affublés de ce terme ne font que communiquer des faits. Toutefois, comme l’humain n’aime pas le changement, il préfère se mettre dans la tête dans le sable et rire de ceux qui tentent de leur enseigner les faits. Ils ne tentent que de défendre ceux qui sont opprimés par le grand nombre, c’est pour cette raison qu’ils n’ont aucune envie de rester silencieux. Si les rôles étaient inversés et qu’au lieu d’être des animaux d’autres espèces, il s’agissait de minorité humaine qui était élevée dans des conditions outrageuses et était abattue pour que les autres humains soient en mesure de savourer leur viande, serait-on toujours d’accord avec l’idée?


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    1. Alex, ceux qui cherchent à inspirer la miséricorde pour les animaux la demandent aux mêmes humains qui font miséricorde à leurs petits : Fais appel aux mêmes neurones miroirs, et au même cœur. Ils sont là. Et les victimes ont besoin de toi. N'alimente pas ton ressentiment instinctif (et compréhensible). La tragédie des autres esprits est la tragédie des autres espèces.

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  23. En lisant le texte de Renan Larue, j’ai découvert non seulement que Jean-Jacques Rousseau était non seulement philosophe classique et humaniste, mais aussi défendeur de la frugivorité chez l’espèce humaine. En utilisant la voie empirique, par des expériences chimiques, il prouve la différence opposée de deux types de digestion : l’alcaline (en mangeant de la chaire ou viande) et acide (régime végétarien). « Contrairement à la viande, les laitages et les végétaux se décomposent en tournant « à l’acide », c’est-à-dire en tendant vers un pH faible. Ils partageraient donc fondamentalement la même composition ». Pour lui les produit laitiers et les herbes font partie de même type de nutrition. Rousseau n’amène nul part le thème de souffrance animale lors de l’extraction du lait, car probablement (DiAna dit 😊), à cette époque, l’extraction commerciale dans des conditions proches des chams de nazi à Auschwitz, n’existaient pas. Cependant, Rousseau fait le lien direct avec la nature humaine comme « bonne », seulement lorsque l’utilisation de la viande ne dépasse pas la nécessité de survie, excluant la chasse pour le plaisir.
    Je me demande s’il soutiendrait la même opinion dans les conditions de productions de produits laitiers d’aujourd’hui et si son analyse chimique tiendrait route pour la diète recommandée d’un vrai humain.
    Par la suite, il se sert de l’anatomie et de la physiologie du corps humain pour prouver le lien entre nous et les espèces purement herbivores.
    Une question rhétorique : Qui a l’intérêt de tenir à l’hombre l’histoire de la pensée végane de l’Antiquité (Plutarque) à nos jours de de nous faire croire que le véganisme est « la mode de la fi du XX siècle » ?

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  24. Diana, Je crois que la dichotomie acide/alcaline de Rousseau n'était qu'une pseudoscience (en service des vœux pieux).

    Et l'ère de Rousseau était environ 12 000 ans plus tard que l'ère de l'agriculture qui a commencé à rendre la consommation de la viande (et des produits laitiers/œufs) inutile pour la santé humaine.

    Qui a intérêt à perpétuer le mythe ? L'industrie de la viande/lait/œufs puis les habitudes et le palais et des consommateurs.

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  25. Parcontre, il y'a un aspect intéressant à votre cours, c'est le développement des processus mentaux qui mènent à des réflexions sur nos habitudes. l'éducation provenant des parents est-elle un sens directionel pour considéré que la consomation de viande est un manque d'empathie ? considérant que selon les croyances de chacun, le sens de nos action est tout autre.

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  26. Il est important de reconnaître que de nombreuses croyances et pratiques alimentaires sont influencées par des mythes et des pseudo-experts. Des affirmations telles que "le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée" sont souvent citées sans preuves scientifiques solides pour les étayer. Je pense notamment à Edward Bernays qui est souvent mentionné comme l'une des figures clés de la manipulation des médias et de la publicité aux États-Unis au début du XXe siècle. Il est connu pour avoir travaillé avec de grandes entreprises et des gouvernements pour influencer l'opinion publique sur des questions allant de la consommation de produits à l'engagement dans la guerre. En ce qui concerne le petit-déjeuner et la consommation de bacon, Bernays a été impliqué dans une campagne de marketing pour l'Association américaine du porc dans les années 1920, où il a promu le bacon comme faisant partie d'un petit-déjeuner équilibré. Cette campagne a été un grand succès et a contribué à populariser le bacon comme aliment de petit-déjeuner aux États-Unis.

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    1. une campagne pour la consommation de bacon au petit-déjeuner, en partenariat avec la National Pork Producers Council. Il a créé un lien émotionnel entre les consommateurs et la viande de porc, en créant l'idée que le petit-déjeuner sans bacon était incomplet et peu satisfaisant

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    2. Pour faire un lien avec l'aspect consommation, la manipulation des masses pour influencer n'est pas nouvelle. Un autre exemple flagrant est celui de la campagne publicitaire menée par Bernays pour inciter les femmes à fumer dans les années 1920. Étant le neveu de Sigmund Freud et il a utilisé les théories de son oncle sur l'inconscient pour élaborer des campagnes publicitaires très efficaces. Il a créé une campagne pour l'American Tobacco Company, qui impliquait d'utiliser le mouvement des suffragettes pour donner aux femmes l'impression que le fait de fumer était un signe de leur émancipation

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    3. Walid, je n'avais jamais entendu parler de Bernays, mais il semble avoir été un psychopathe paradigmatique - comme la plupart de ses successeurs dans l'industrie publicitaire.

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  27. Walid, la consommation de la viande n'est pas nécessaire à la survie ou la santé humaine, mais elle est néfaste, désastreusement néfaste à la survie et la santé des victimes. Va voir un abattage halal avant de déclarer avec confiance que c'est « une mort rapide et sans douleur ». Et montre moi un humain qui sera soulagé d'entendre qu'il sera abattu inutilement, mais avec « respect »

    Les parents -- ainsi que les écoles, les culture et les cultes -- peuvent élever et former la décence ou la psychopathie.

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  28. Je commencerais mon commentaire en soulignant que la critique de l’évolution darwinienne est très pertinente. En effet, la théorie darwinienne de l’évolution n’est pas en mesure d’expliquer l’altruisme retrouvé chez la plupart des mammifères. Dans l’absence d’un capteur de « consanguinité », la parentalité en revient à des rapports sociaux plus que biologiques.
    Cependant, je crois que d’associer la consommation de viande à de la « gourmandise » qui s’apparente à de la psychopathie est un argument un peu réducteur des raisons sociales qui amènent les gens à manger de la viande. En ce sens, serait-il pas un peu sévère de critiquer quelqu’un pour sa consommation de viande lorsque celle-ci est de nature majoritairement culturelle ? Vous critiquez les parents (« il est facile de cultiver la psychopathie chez nos enfants: on n’a qu’à leur dire le mensonge à l’effet que manger de la viande est nécessaire pour la survie et la santé ») alors que ceux-ci, d’un point de vue sociologique, ont été eux aussi exposés à une socialisation proviande.
    Ultimement je crois que vous avez raison : la consommation de viande est immorale et, de plus en plus, obsolète en raison des nouvelles avancées technologiques et de la hausse globale du niveau de vie dans le monde par l’industrialisation. Cependant, je crois que votre rhétorique est peu utile dans le contexte dont cet article tente de convaincre vos « hypocrites lecteurs » en utilisant un ton condescendant. Ma critique n’est donc pas dans le fond de votre argument, mais la forme de celui-ci. Il semble que votre argumentaire ne pourrait réellement résonné qu’au sein de l’esprit des végétariens déjà familiers avec cette rhétorique.
    Je crois qu’au contraire, une approche moins axée sur la brutalité de la consommation de viande et plutôt sur l’utilité d’adopter un mode de vie « flexitarian » plutôt que s’efforcer de convaincre la population générale à faire un tournant à 180 degrés de leur alimentation serait peut-être plus utile ?

    Il semble cependant que ce débat se réduit à la dichotomie de l’activiste progressiste/radical. Celui-ci n’est d’ailleurs toujours pas résolu.
    Excellent texte !

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    1. Jean-Nicolas, bonnes réflexions. Tu as raison que le ton à adopter c'est celui qui réussira à mettre fin à la souffrance monstrueuse progressivement, aussi rapidement que possible. Mais c'est quoi ce ton fructueux là? Si tu sais ce que c'est, les activistes l'adopteront instantanément. Mais prôner le flexitarisme progressif n'est-ce un peu détendu, vu que c'est les victimes qui portent le poids quotidien de l'agonie? Est-ce qu'on conseillerait aux esclavagistes (et à leur clients) à l'époque de réduire petit à petit -- moins de violes, moins de coups de fouets, meilleurs conditions de logement -- jusqu'à ce qu'un jour notre culture sera prêt à abolir tout le bataclan?

      C'est exacte que de traiter de psychopathe n'inspire pas la réforme ni aux personnes décentes (ni certes aux psychopathes). C'est pour ça que je crois que la sensibilisation de l'humanité aux horreurs que nous infligeons sans aucune nécessité aux victimes -- bref, un appel directe à nos neurones miroirs -- risque plus de réussir à mobiliser notre décence.

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    2. Vous avez en fait bien raison, le pouvoir des neurones miroirs n'est pas à ignorer pour les activistes de tout genre. Peut-être à tort, mais je crois que l'anthropomorphisme permettant de faire le pont entre l'esclavage et la consommation (excessive, oui) de viande crée un certain malaise chez la population et j’en fait partie, en toute admission. Certes, du point de vue de la violence, ces deux choses peuvent paraitre similaires : elles sont cruelles et immorales.
      Cependant que je crois que comparaitre l'esclavage (même s'il existait une composante de survie de la race blanche l'esclavage) à la consommation de viande largement normalisée rendant la dérogation vers une diète végétarienne est inexact.
      L'une était purement intentionnelle (la plupart des propriétaires d'esclaves n'étaient pas membres du prolétariat, mais d'une minorité d'élites anglo-saxonne et allemande) alors que l'autre, je crois, est le résultat d'une socialisation problématique, mais accidentel.
      Bref, toute est une question de rhétorique, mais, comme vous l’avez dit, il reste à conceptualiser qu’est-ce que pourrait un discours « acceptable » tout en restant authentique à la cause qu’elle représente.

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  29. Mon résumé est le suivant: les humains sont des omnivores avec deux options; soit ils sont des herbivores, soit ils sont des carnivores. Et pendant des périodes de notre milieu ancestral, il nous était très adaptatif de chasser et de consommer les animaux et les poissons... Mais aujourd'hui, on peut vivre en excellente santé sur une base de plantes. Donc les horreurs infligées de manière continuelle aux animaux non humains à une échelle industrielle impensable, n'ont aucune justification éthique. Ce qui nous amène à constater qu'à l'origine notre consommation de la viande et du poisson n'était pas juste culturelle mais adaptative et qu'aujourd'hui cette consommation est purement culturelle et éthiquement indéfendable. Il y'a 3 vérités pertinentes à la souffrance des animaux de consommation humaine, mais c'est toujours davantage de l'ignorance et de la dissonance cognitive plutot que de la psychopathie. L'évolution darwinienne pourrait être décrite, comme étant psychopathe puisque l'évolution n'est pas l'oeuvre d'une entité sentiente, un processus aussi dépourvu de ressenti et d'intention. Nous avons la possibilité de consommer ou de ne pas consommer des produits d'origine animale. Nos besoins alimentaires peuvent être satisfaits par les deux catégories d' aliments. Nous pouvons aussi conclure que si l'alimentation végane est meilleure pour la santé, c'est juste un plus, mais que véritablement ce n'est pas ce qui importe.

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    1. Lise, c'est correct, mais il ne faut pas copier les mots: Il faut le lire, comprendre, refléchir, puis ensuite mettre de coté les mots que tu as lu et les intégrer dans tes propres mots.

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  30. « Du point de vue évolutif, nous devrions tous être des psychopathes. Nos gènes sont égoïstes. La survie et la reproduction, leurs seuls buts, sont issues de la compétition, qui compte des gagnants et des perdants. L’évolution favorise les gagnants. » (Harnad, 2014). Je n’ai pas pu m’empêcher du fait d’être complètement choquée par la véridicité de ces propos. Bien que le problème des autres esprits et d’autres espèces soit complexe et qu’il soit véritable que nous ne pouvons pas ressentir le ressenti d’autrui, bon nombre d’études démontrent ou stipulent les fortes probabilités comme quoi les espèces non-humaines telles les vertébrés non mammaliens, les mammifères non-primates, les oiseaux, les poissons et les reptiles vivent des expériences douloureuses ou possèdent néanmoins les structures nécessaires afin de percevoir ces stimuli. Je trouve fascinant qu’en tant qu’humains ayant la capacité d’être sensibles et empathiques, la grande majorité d’entre nous décide d’ignorer ces faits, et ce, même de nos jours, alors que nous savons maintenant très bien que notre survie ne dépend aucunement de notre consommation de produits animaliers (dans un contexte de luxe, de non nécessité à la survie). Les pratiques de consommation de produits animaliers ne peuvent qu’être que le fruit de l’éducation que nous avons reçue et de notre culture actuelle, car je ne vois pas qu’est-ce qui pourrait être codé génétiquement dans le fait de consommer des produits animaliers et transmis à notre descendance, qui représenterait une valeur adaptative importante et utile à notre survie et à notre reproduction de nos jours, nous n’avons plus rien à « gagner » avec ce type de comportement caractérisé par Harnad dans son texte datant de 2014. Dans le texte, il est question de psychopathie évolutive, et Harnad explique que « [p]our atteindre les buts qui sont à leur goût, les psychopathes n’hésitent pas à faire souffrir les autres. C’est de la pragmatique. » Mais alors, comment pouvons-nous, en tant que société, nous défaire de cette psychopathie évolutive ? Plusieurs font le choix individuel de renoncer à la consommation de tous produits animaliers, mais comment pourrions-nous éveiller les consciences humaines et initier un véritable changement sur le plan collectif ? Je pense que le changement réside dans la sensibilisation, mais je crois qu’un problème plus grand persiste, car je n’ai malheureusement pas l’impression que la sensibilisation est suffisante pour faire prendre conscience de la souffrance causée et de la validité des vies de ces espèces non-humaines qui ne peuvent malheureusement pas nous communiquer verbalement leur douleur et leur souffrance.

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PLAN DE COURS

  ISC1000-20, hiver 2023:  Catégorisation, communication et conscience Heure:  mardi 18h00-21:00 Salle du cours: R-M140 Enseignant:  Stevan ...